Florent VétillartDown Under !
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Aujourd'hui, dernier jour de l'année 2008 passé à Brisbane: je m'envole demain matin pour la Tasmanie....
Voilà désormais 2 ans jour pour jour que l'Australie m'a adopté !
MAJ 18/11/08: je suis en vacances! Mise-à-jour du blog en cours....
Comme je l'évoquais précédemment, l'un de mes cours ce semestre concerne la gestion de l'environnement, c'est en quelque sorte la partie scientifique/écologie du programme. Ce n'est pas forcement ce qui m'intéresse le plus mais étant donné que le Master s'articule autour d'une approche qui se veut assez holistique, on fait avec. Les cours théoriques c'est bien, certes, mais c'est encore mieux lorsque l'on peut mettre en pratique son "knowledge" et voir comment cela se passe concrètement sur le terrain. Nous sommes donc partis pour 3 jours au nord de Brisbane vers Nambour où des projets de réhabilitation de ruisseaux/rivières sont en cours d'expérimentation. Au passage, voici la photo d'un pub assez sympa que l'on a passé sur la route. Attrape-touristes certes,mais plutôt photogénique isn't it?
Nous étions en fait logé à Mapleton (un ptit bled) dans des bungalows vraiment spacieux, bien cool ça. Les soirs, nous étions aux premières loges pour des concerts de grenouilles, ce qui était assez marrant car il y avait un dizaine de différentes espèces, chacune produisant un son différent (crrrii crrrriii kwa kwa cok cok etc...).
Fran, notre prof, et quelques uns de ses élèves doctorants (de Griffith University) nous on rejoint et dès le premier jour nous voilà lancés dans l'action. Ah, qu'est-ce que c'est dur d'aller se balader dans la forêt et patauger dans les ruisseaux! Non mais sans blague, je me dis que les scientifiques n'ont pas forcement une vie des plus dures... (ouhla je vais me faire insulter moi!). Plus sérieusement, les sites de réhabilitation sont en général des ruisseaux qui ne sont pas ou plus bordés par la végétation (zone riparienne), en général parce que les agriculteurs/éleveurs aiment bien déboiser, c'est leur passion (comme Omar Sharif, mais lui c'est plutôt les chevaux). Veuillez entendre un brin d'ironie dans ma voix.
Anyway, pas de zone riparienne bordant les cours d'eau signifie que ces derniers sont exposés au Soleil toute la journée, font face à d'important problèmes d'érosion et reçoivent lorsqu'il pleut des eaux chargées en pesticides et autres composés organiques utilisés en agriculture. En effet, les plantes (principalement par leurs systèmes racinaires) ont normalement un rôle de filtration biologique et permettent aux eaux de surface d'être débarrassées de leurs polluants (organique ou minéral) avant de se drainer dans les ruisseaux. Donc au final, la qualité des eaux de ces ruisseaux dénués d'arbres et plantes est souvent très médiocre, ce qui a d'importantes répercussion en aval.
Notre boulot pour ces 3 jours était principalement le "monitoring" de différents sites, comprenez par là effectuer des analyses physico-chimiques et biologiques, mais également des observations sur la canopée au-dessus des ruisseaux et autres mesures indirectes. Bref, rien de très passionnant, je vous passe les détails. Ah si peut-être, une petite anecdote: une des batteries utilisées pour alimenter une sonde de mesure était défectueuse et a littéralement explosé sous notre nez. Et quand je dis notre nez je pense tout particulièrement à MON nez. Donc à quelques centimètres prêt j'avais une opération de chirurgie (in)esthétique gratuite! Et puis il parait que l'acide ça affine les traits...
Les mesures sont à la fois faites pour les sites à restaurer, mais également pour des sites témoins qui sont en général en parfaite condition (eau de bonne qualité, beaucoup de végétation et d'ombre, plein de ptites bebettes, etc..).
Ci-dessus la photo (que j'adore au passage) d'un site témoin. C'est beau, c'est vert, c'est humide, et ça fait saigner.....car c'est plein de sangsues! Ah @%##$*^& de bestioles, certaines d'entre-elles étaient vraiment grosses, et même après les avoir enlevé (avec de l'éthanol) mon don du sang ne semblait pas vouloir s'arrêter. Au moins c'est pratique, comme le Petit Poucet il suffit de suivre les traces rouges pour retrouver son chemin. Mais je m'en serais bien passé, hein.
Peter, notre responsable de Master, n'habitant pas trop loin de là (Maleny), il nous a invité le deuxième soir à un barbecue chez lui. Vraiment très sympa, c'était d'ailleurs l'occasion pour lui de sortir sa guitare et d'enchaîner quelques unes de ses chansons. Car Peter est une rockstar, une vraie de vraie! :o)
Et puis.....Peter a un piano. Ouh pinaise, j'ai les doigts qui commencent à s'exciter rien que d'entendre ce mot (piano, pas pinaise). Du coup, j'ai fait mon timide 10 secondes (le temps de boire 2 bières), puis voila Florent accompagnant la rockstar! C'était génial, cela faisait tellement longtemps que je n'avais pas touché un piano. C'est vrai que depuis que je suis en Australie, depuis 2 ans, je ne joue plus et cela me manque terriblement. But choices had to be made....
Le dernier jour nous sommes allés nous balader dans le Kondalilla National Park, où une chute d'eau de 90 mètres de haut dégringole au milieu de la rainforest. Évidemment son débit est beaucoup plus important pendant la saison humide, mais elle reste quand-même assez jolie. Il faisait très chaud ce jour-là, et nous n'étions pas les seuls de sortie. En Australie il y a des kangourous, koalas, requins, baleines, araignées, etc....et des serpents bien-sûr! Parmi les plus venimeux au monde même. Et ils ont l'air de bien aimer ce parc national car j'en ai vu un paquet, principalement des Green Tree Snakes (pas vraiment dangereux ceux-là je crois). Mais pourquoi diable est-ce qu'ils se posent toujours en plein milieu des chemins?? Tabernacle de calice d'ostie! Toujours est-il que le spécimen ci-dessous qui est un Red-belly Black Snake assez venimeux m'a évité de justesse, ou plutôt l'inverse. Je ne doit mon salut qu'à Brice qui m'a poussé au moment où j'allais lui marcher dessus.
Malheureusement j'ai sauté sur la droite mais le serpent aussi. J'ai alors enchaîné avec une petite danse à l'indienne et des bruits de singe (involontaire je l'avoue) pour essayer de l'éviter, avec le reptile entre les jambes qui n'avait pas l'air très content (dressé comme un cobras avec le cou dilaté). Ouf, betite pouffée, pardon petite bouffée d'adrénaline! Pourtant quelques centaines de mètres plus loin, rebelote avec un Green Tree Snake. Bon, c'est décidé il est temps de regarder où je mets les pieds moi!
En début d'après-midi, baignade sur la côte à Maroochydore dans une eau vraiment transparente, puis retour sur Brisbane quelques heures plus tard.
Monto, c'est un petit bled à plusieurs centaines de kilomètres au nord de Brisbane, à peu près au même niveau que Bundaberg (célèbre pour son rhum!) mais nettement plus à l'intérieur des terres. C'est ici que se déroule cette année la Queensland Landcare Conference, une rassemblement annuel qui se voit accueillir plusieurs organisations de gestion de l'environnement et divers représentants des milieux agricole, scientifique, gouvernemental ainsi que quelques Aborigènes pour la décoration. Effectivement ce n'est pas forcement très sympa de dire cela, mais j'ai vraiment eu l'impression que ces derniers n'avaient pas vraiment été invités pour faire entendre leur préoccupations. Enfin bon, c'est un avis personnel...
Aborigène de la tribu Wakka Wakka (et sa fille) (cliquez sur l'image pour voir la vidéo)
La conférence s'étend sur 3 jours, avec un certain nombre de séminaires, workshops et débats animés par différents intervenants, l'un d'entre-eux est d'ailleurs un ancien conseiller d'Al Gore, mais tout cela reste dans une atmosphère détendue et assez informelle. On est loin de l'ambiance feutrée du River Symposium (à Brisbane) où des hauts représentants en costards clinquants se graissent la patte autour de petits fours et coupes de champagne. Ici, tout est plus simple: des chapiteaux de plein air remplacent les immenses salles du centre des congrès de Brisbane, les costards ont laissé place aux shorts et lunettes de soleil... En gros, la Landcare Conference cible beaucoup plus le "grassroots level" (agriculteurs, communautés locales) que les plus hautes institutions (gouvernementales ou autres). Et puis comme les Australiens aiment bien boire, chaque soir est prétexte à se détendre les amygdales (bière et vin à volonté! J'en ai encore mal au foie rien que d'y penser). Ah au fait c'est marrant le premier jour, nous avons été pris en "stop" par un Aussie (un vrai de vrai!) qui se baladait avec sa charrette...direction le pub! J'ai manqué de me faire manger les doigts de pieds par l'un des poneys attachés à l'arrière.

Nous dormons dans des tentes (2 personnes) assez spacieuses et partageons les douches avec les Green Tree Frogs. Au moins, elles ne vomissent pas partout elles! (hein Brice....;o)
Le deuxième soir, diner de gala très pompeux à la mairie avec au menu, léchez vos babines ouvrez les guillemets:
"Pre-dinner:
Hot individual paperbak damper / Red claw crayfish / Chicken liver and native pepper pate / Desert tomato dip with crudite / Bush antipasto
Main course:
Kangaroo fillet with red wine and mushroom sauce in a pastry case; or Chicken thigh in a cream, lemon myrtle and macadamia sauce in a pastry case
Dessert:
Individual baked wattleseed cheese cakes with macadamia base topped with sour native fruits"
Bref, tout cela pour dire que c'était incroyablement bon, je n'ai jamais mangé dans un resto qui approchait cette qualité.
Le dernier jour, ballade dans la campagne environnante (et visite de quelques exploitations agricoles) avec le traditionnel "tea-billy": l'eau pour le thé est chauffée dans un vieux pot rouillé au-dessus d'un feu de camp. Dans l'Outback, c'est comme ça que les cowboys et autres chercheurs d'or d'antan le prépare.

Du coup, c'est quelque peu douteux de se retrouver avec un thé plein de particules de rouille, il parait que cela donne du gout... Euh, vu l'aspect "délabré" des vieilles grand-mères qui ont préparé le gouté (ah bon? c'est possible de vivre jusqu'à 150 ans?), on est en droit de se demander si il ne vaut pas mieux arroser discrètement l'herbe tout en prétextant que le thé était délicieux. Le soir, repas dans un resto bien sympa; vu ce que j'ai l'habitude de manger chez moi, j'en ai profité croyez-moi!
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