Florent VétillartDown Under !
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Voilà désormais 2 ans jour pour jour que l'Australie m'a adopté !
MAJ 18/11/08: je suis en vacances! Mise-à-jour du blog en cours....
Comme je l'évoquais précédemment, l'un de mes cours ce semestre concerne la gestion de l'environnement, c'est en quelque sorte la partie scientifique/écologie du programme. Ce n'est pas forcement ce qui m'intéresse le plus mais étant donné que le Master s'articule autour d'une approche qui se veut assez holistique, on fait avec. Les cours théoriques c'est bien, certes, mais c'est encore mieux lorsque l'on peut mettre en pratique son "knowledge" et voir comment cela se passe concrètement sur le terrain. Nous sommes donc partis pour 3 jours au nord de Brisbane vers Nambour où des projets de réhabilitation de ruisseaux/rivières sont en cours d'expérimentation. Au passage, voici la photo d'un pub assez sympa que l'on a passé sur la route. Attrape-touristes certes,mais plutôt photogénique isn't it?
Nous étions en fait logé à Mapleton (un ptit bled) dans des bungalows vraiment spacieux, bien cool ça. Les soirs, nous étions aux premières loges pour des concerts de grenouilles, ce qui était assez marrant car il y avait un dizaine de différentes espèces, chacune produisant un son différent (crrrii crrrriii kwa kwa cok cok etc...).
Fran, notre prof, et quelques uns de ses élèves doctorants (de Griffith University) nous on rejoint et dès le premier jour nous voilà lancés dans l'action. Ah, qu'est-ce que c'est dur d'aller se balader dans la forêt et patauger dans les ruisseaux! Non mais sans blague, je me dis que les scientifiques n'ont pas forcement une vie des plus dures... (ouhla je vais me faire insulter moi!). Plus sérieusement, les sites de réhabilitation sont en général des ruisseaux qui ne sont pas ou plus bordés par la végétation (zone riparienne), en général parce que les agriculteurs/éleveurs aiment bien déboiser, c'est leur passion (comme Omar Sharif, mais lui c'est plutôt les chevaux). Veuillez entendre un brin d'ironie dans ma voix.
Anyway, pas de zone riparienne bordant les cours d'eau signifie que ces derniers sont exposés au Soleil toute la journée, font face à d'important problèmes d'érosion et reçoivent lorsqu'il pleut des eaux chargées en pesticides et autres composés organiques utilisés en agriculture. En effet, les plantes (principalement par leurs systèmes racinaires) ont normalement un rôle de filtration biologique et permettent aux eaux de surface d'être débarrassées de leurs polluants (organique ou minéral) avant de se drainer dans les ruisseaux. Donc au final, la qualité des eaux de ces ruisseaux dénués d'arbres et plantes est souvent très médiocre, ce qui a d'importantes répercussion en aval.
Notre boulot pour ces 3 jours était principalement le "monitoring" de différents sites, comprenez par là effectuer des analyses physico-chimiques et biologiques, mais également des observations sur la canopée au-dessus des ruisseaux et autres mesures indirectes. Bref, rien de très passionnant, je vous passe les détails. Ah si peut-être, une petite anecdote: une des batteries utilisées pour alimenter une sonde de mesure était défectueuse et a littéralement explosé sous notre nez. Et quand je dis notre nez je pense tout particulièrement à MON nez. Donc à quelques centimètres prêt j'avais une opération de chirurgie (in)esthétique gratuite! Et puis il parait que l'acide ça affine les traits...
Les mesures sont à la fois faites pour les sites à restaurer, mais également pour des sites témoins qui sont en général en parfaite condition (eau de bonne qualité, beaucoup de végétation et d'ombre, plein de ptites bebettes, etc..).
Ci-dessus la photo (que j'adore au passage) d'un site témoin. C'est beau, c'est vert, c'est humide, et ça fait saigner.....car c'est plein de sangsues! Ah @%##$*^& de bestioles, certaines d'entre-elles étaient vraiment grosses, et même après les avoir enlevé (avec de l'éthanol) mon don du sang ne semblait pas vouloir s'arrêter. Au moins c'est pratique, comme le Petit Poucet il suffit de suivre les traces rouges pour retrouver son chemin. Mais je m'en serais bien passé, hein.
Peter, notre responsable de Master, n'habitant pas trop loin de là (Maleny), il nous a invité le deuxième soir à un barbecue chez lui. Vraiment très sympa, c'était d'ailleurs l'occasion pour lui de sortir sa guitare et d'enchaîner quelques unes de ses chansons. Car Peter est une rockstar, une vraie de vraie! :o)
Et puis.....Peter a un piano. Ouh pinaise, j'ai les doigts qui commencent à s'exciter rien que d'entendre ce mot (piano, pas pinaise). Du coup, j'ai fait mon timide 10 secondes (le temps de boire 2 bières), puis voila Florent accompagnant la rockstar! C'était génial, cela faisait tellement longtemps que je n'avais pas touché un piano. C'est vrai que depuis que je suis en Australie, depuis 2 ans, je ne joue plus et cela me manque terriblement. But choices had to be made....
Le dernier jour nous sommes allés nous balader dans le Kondalilla National Park, où une chute d'eau de 90 mètres de haut dégringole au milieu de la rainforest. Évidemment son débit est beaucoup plus important pendant la saison humide, mais elle reste quand-même assez jolie. Il faisait très chaud ce jour-là, et nous n'étions pas les seuls de sortie. En Australie il y a des kangourous, koalas, requins, baleines, araignées, etc....et des serpents bien-sûr! Parmi les plus venimeux au monde même. Et ils ont l'air de bien aimer ce parc national car j'en ai vu un paquet, principalement des Green Tree Snakes (pas vraiment dangereux ceux-là je crois). Mais pourquoi diable est-ce qu'ils se posent toujours en plein milieu des chemins?? Tabernacle de calice d'ostie! Toujours est-il que le spécimen ci-dessous qui est un Red-belly Black Snake assez venimeux m'a évité de justesse, ou plutôt l'inverse. Je ne doit mon salut qu'à Brice qui m'a poussé au moment où j'allais lui marcher dessus.
Malheureusement j'ai sauté sur la droite mais le serpent aussi. J'ai alors enchaîné avec une petite danse à l'indienne et des bruits de singe (involontaire je l'avoue) pour essayer de l'éviter, avec le reptile entre les jambes qui n'avait pas l'air très content (dressé comme un cobras avec le cou dilaté). Ouf, betite pouffée, pardon petite bouffée d'adrénaline! Pourtant quelques centaines de mètres plus loin, rebelote avec un Green Tree Snake. Bon, c'est décidé il est temps de regarder où je mets les pieds moi!
En début d'après-midi, baignade sur la côte à Maroochydore dans une eau vraiment transparente, puis retour sur Brisbane quelques heures plus tard.
Monto, c'est un petit bled à plusieurs centaines de kilomètres au nord de Brisbane, à peu près au même niveau que Bundaberg (célèbre pour son rhum!) mais nettement plus à l'intérieur des terres. C'est ici que se déroule cette année la Queensland Landcare Conference, une rassemblement annuel qui se voit accueillir plusieurs organisations de gestion de l'environnement et divers représentants des milieux agricole, scientifique, gouvernemental ainsi que quelques Aborigènes pour la décoration. Effectivement ce n'est pas forcement très sympa de dire cela, mais j'ai vraiment eu l'impression que ces derniers n'avaient pas vraiment été invités pour faire entendre leur préoccupations. Enfin bon, c'est un avis personnel...
Aborigène de la tribu Wakka Wakka (et sa fille) (cliquez sur l'image pour voir la vidéo)
La conférence s'étend sur 3 jours, avec un certain nombre de séminaires, workshops et débats animés par différents intervenants, l'un d'entre-eux est d'ailleurs un ancien conseiller d'Al Gore, mais tout cela reste dans une atmosphère détendue et assez informelle. On est loin de l'ambiance feutrée du River Symposium (à Brisbane) où des hauts représentants en costards clinquants se graissent la patte autour de petits fours et coupes de champagne. Ici, tout est plus simple: des chapiteaux de plein air remplacent les immenses salles du centre des congrès de Brisbane, les costards ont laissé place aux shorts et lunettes de soleil... En gros, la Landcare Conference cible beaucoup plus le "grassroots level" (agriculteurs, communautés locales) que les plus hautes institutions (gouvernementales ou autres). Et puis comme les Australiens aiment bien boire, chaque soir est prétexte à se détendre les amygdales (bière et vin à volonté! J'en ai encore mal au foie rien que d'y penser). Ah au fait c'est marrant le premier jour, nous avons été pris en "stop" par un Aussie (un vrai de vrai!) qui se baladait avec sa charrette...direction le pub! J'ai manqué de me faire manger les doigts de pieds par l'un des poneys attachés à l'arrière.

Nous dormons dans des tentes (2 personnes) assez spacieuses et partageons les douches avec les Green Tree Frogs. Au moins, elles ne vomissent pas partout elles! (hein Brice....;o)
Le deuxième soir, diner de gala très pompeux à la mairie avec au menu, léchez vos babines ouvrez les guillemets:
"Pre-dinner:
Hot individual paperbak damper / Red claw crayfish / Chicken liver and native pepper pate / Desert tomato dip with crudite / Bush antipasto
Main course:
Kangaroo fillet with red wine and mushroom sauce in a pastry case; or Chicken thigh in a cream, lemon myrtle and macadamia sauce in a pastry case
Dessert:
Individual baked wattleseed cheese cakes with macadamia base topped with sour native fruits"
Bref, tout cela pour dire que c'était incroyablement bon, je n'ai jamais mangé dans un resto qui approchait cette qualité.
Le dernier jour, ballade dans la campagne environnante (et visite de quelques exploitations agricoles) avec le traditionnel "tea-billy": l'eau pour le thé est chauffée dans un vieux pot rouillé au-dessus d'un feu de camp. Dans l'Outback, c'est comme ça que les cowboys et autres chercheurs d'or d'antan le prépare.

Du coup, c'est quelque peu douteux de se retrouver avec un thé plein de particules de rouille, il parait que cela donne du gout... Euh, vu l'aspect "délabré" des vieilles grand-mères qui ont préparé le gouté (ah bon? c'est possible de vivre jusqu'à 150 ans?), on est en droit de se demander si il ne vaut pas mieux arroser discrètement l'herbe tout en prétextant que le thé était délicieux. Le soir, repas dans un resto bien sympa; vu ce que j'ai l'habitude de manger chez moi, j'en ai profité croyez-moi!
L'hiver à peine finit, les températures regrimpent pour atteindre certains jours les 30 degrés. Le petit chauffage électrique que je m'étais acheté il y a quelques mois ne m'aura en fait que très peu servi. Voila, maintenant les fleurs fleurissent, les décolletés aussi héhé...

Vue sur Brisbane
2 mois déjà que j'ai repris les cours, et le moins que l'on puisse dire, c'est que je n'ai pas le temps de m'ennuyer! Le premier semestre a été particulièrement intense car la dose de travail et de papiers à écrire était énorme, mais ce second semestre est lui aussi très "challenging". Au programme:
- Catchment Management and Ecosystem Health
- Water Planning and Economics
- Capacity Building and Community Development
- Water Supply and Sanitation
Assignements, facilitation de workshops, projets, séminaires, conférences...bref, tout un tas d'occasions pour faire tapoter ses doigts sur le clavier et rendre des papiers de plusieurs milliers de mots. Ah ça oui, je fait des progrès en écriture! Nous avons assisté il y a 2 semaines à l'International River Symposium, avec pas mal d'intervenants du monde entier. Mes conclusions? Les langues se délient bien vite autour d'un bon repas et d'une bonne bouteille de vin! Pour le côté plus formel, c'était une occasion de plus d'échanger ses business cards et d'étendre son réseau de contacts. Ah oui, j'ai aussi du réaliser une interview (filmée) d'un gars qui bosse pour une organisation américaine, c'était assez intéressant malgré quelques bafouillages. Malheureusement je suis encore loin d'être parfaitement bilingue! Quelques jours plus tard, les magnifiques feux d'artifice du River Festival illuminaient le ciel de Brisbane, avec en clôture le "dump-and-burn" d'un avion de chasse (F111) à basse altitude. En gros, le pilote utilise l'after-burning pour enflammer le fuel, cela forme alors une longue trainée de feu. Bien cool.
Feux d'artifice, avant le passage de l'avion
Un deuxième congrès nous attends cette semaine, cette fois-ci à plusieurs centaines de kilomètres au nord de Brisbane, dans un petit bled. Il parait que l'on dormira dans des tentes! Le seul problème pour moi est que cela va me faire "perdre" 6 jours bien précieux: je ne sais vraiment pas si je pourrais réussir à rendre à temps un des projet et plusieurs assignements qui sont dûs dans 3 semaines. Nous avons également un deuxième projet, de groupe cette fois-ci, que l'on a commencé à designer. Il s'agit d'élaborer un framework pour le développement de River Basin Organizations au Cambodge. Nous allons d'ailleurs essayer de le faire financer par AusAID (le programme d'aide pour l'étranger du gouvernement Australien). Et puis pour en rajouter une couche, il faut encore que j'écrive une proposition de recherche pour mon troisième et dernier semestre. J'ai peut-être une piste pour le faire en parallèle avec un stage chez Veolia Water, mais rien n'ai vraiment sûr pour le moment. Pfffou, je commence à stresser un peu...
Pour changer de sujet une amie de Limoges, Sophie, est passée à Brisbane le mois dernier.
Lilu, Sophie, et leur van
Elle et une de ses copines ont acheté un van et commencent à explorer l'Australie. C'était bien sympa de la revoir après tout ce temps! J'ai également revu Manni, l'allemand qui bossait avec moi en South Australia l'an dernier, son deuxième working holiday visa expirant dans quelques jours, il sera très bientôt de retour en Allemagne. Pour finir, je crois que je ne vous ai encore jamais montré de photos de ma maison, la voici-donc:
"Take nothing but pictures, leave nothing but footprints"...
Batjala K'Gari est longue, très longue même. Mieux connue sous le nom de Fraser Island, ses 120 kilomètres de long en font la plus grande île de sable au monde. Pourtant, la majorité de sa surface est recouverte de forêts humides, d'où émergent par endroit des dunes de sable (sandblows) qui se déplacent lentement au gré des vents. Plus de 200 lacs d'eau douce parsèment cette gigantesque langue de sable, un éventail de poches d'eau aux couleurs variées: turquoise, verte, orange, marron...
L'histoire contemporaine de Fraser remonte à 1836, quand le capitaine James Fraser échoua son navire, le Stirling Castle, au nord de l'île. L'équipage ne dû sont salut qu'à l'aide de la tribu Aborigène locale qui accueillit les rescapés jusqu'à la venue d'un autre bateau. Ces Aborigènes, les Butchulla, occupaient l'île depuis environ 5000 ans. Dans les années qui suivirent, les Australiens entreprirent le déboisement de pans entiers de la forêt pour exploiter un arbre exceptionnellement résistant à l'eau, le turpentine. Des carrières de sable virent également le jour, venant balafrer la surface de cette magnifique île sablonneuse. Les Aborigènes, eux, furent déportés dans des missions sur le continent. Heureusement, les mentalités évoluèrent et Fraser Island devint partie intégrante du Great Sandy National Park, puis fut classée au Patrimoine Mondial de l'Humanité en 1992.
Pour se déplacer sur l'île, le 4WD (= 4x4) est indispensable car il n'y a pas la moindre route. Plusieurs backpackers à Hervey Bay proposent justement des "self drive tours" de 3 jours, entendez par là qu'ils mettent à notre disposition des gros 4x4, à savoir des Toyota Landcruiser, chacun pouvant accueillir une dizaine de personnes. Libre ensuite à nous d'aller explorer l'île comme bon nous semble et de gérer notre temps. Enfin ce n'est pas tout à fait vrai car les plages étant les principales voies de circulation, il faut tenir compte des marées, véritables pièges à retardement. Nous partagerons la voiture avec 9 autres backpakers: un couple de finlandais, un couple d'anglais, une allemande, 3 méxicain(ne)s et une anglaise. Très sympa. Petit briefing dans la matinée concernant la conduite en 4x4 et les pièges à éviter, l'attitude à avoir sur l'île (ne pas nourrir les animaux, ne pas jeter ses poubelles, etc...), et également le comportement à adopter vis-à-vis des dingoes.

Contrairement à leurs cousins de l'Outback assez craintifs, l'agressivité croissante de ces chiens sauvages est le résultat de trop de laxisme envers les touristes qui les nourrissent et les harcèlent depuis des années. Donc le gouvernement du Queensland a décidé d'attaquer le problème à la racine: sensibiliser les gens mais également verbaliser tout personne surprise en train de nourrir un dingo. C'est une mesure assez radicale, surtout lorsque l'on voit que les amendes peuvent atteindre $3000, mais toutefois plus intelligente que celle adoptée dans le passé, lorsque plusieurs dizaines de dingoes furent abattus en réponse aux attaques.
Nous chargeons le matériel de camping, la nourriture et les sacs sur le toit, puis une demi-heure de traversée en ferry plus tard nous débarquons sur la cote Est de l'île, à Kingfisher Bay. Nous rejoignons les plages à l'ouest par une piste qui traverse la forêt (gare aux secousses!), le lac Wabby sera notre première étape. Les eaux vertes du lac sont bordées d'une forêt d'eucalyptus percée par une imposante dune de sable. L'eau, elle, n'est pas si chaude que ça c'est vrai, mais cela fait du bien de se rafraîchir en compagnie de gros-poissons chats. Les lacs d'eau douce sont d'ailleurs les seuls endroits où il est recommandé (autorisé?) de se baigner, car un grand nombre de requins tigres (Tiger Shark) infestent les eaux océaniques qui baignent les plages de Fraser Island. Nous avons un planning à tenir pour ne pas rester bloqués par la marée, donc nous reprenons la route, pardon...la plage, et allons faire trempette un peu plus au nord à Eli Creek. L'eau de cette source, d'une transparence incroyable, est probablement de très bonne qualité car le sable de l'île est un véritable filtre géant. Le grand jeu ici consiste à remonter le ruisseau en amont, puis à se laisser flotter et ramener vers la plage par son courant.
A quelques kilomètres de là, la sinistre épave rouillée du S.S Maheno observe les allées et venues des touristes depuis 1935.

Ce bateau de luxe construit en 1905 et qui servit par la suite d'hôpital flottant durant la première guerre mondiale fut pris dans un violent cyclone et s'échoua sur l'île. Il ne finit donc pas dans un chantier de démantèlement japonais comme ce qui avait été planifié. Au moins, il ne sera pas oublié ce bateau!
Nous arrivons à notre campement en fin de journée, à Dundubara. Le temps de monter les 3 tentes et de préparer le barbecue, il fait déjà nuit noire. Une pièce de $2 donne accès à environ 5min d'eau chaude dans les douches, cela fait plaisir aux filles. La soirée se terminera sur la plage, en compagnie de heu...sais plus je n'avais pas les idées très claires.
Le lendemain nous partons de bonne heure, encore une fois pour échapper à la marée haute, et roulons vers le nord jusqu'à Indian Head. La limitation de vitesse sur la plage est fixée à 80km/h ce qui me semble largement suffisant. A cette vitesse, le moindre petit coup de volant un peu trop sec et c'est les tonneaux assurés. En général, il vaut mieux rouler sur le sable humide qui est nettement plus stable, tout en faisant attention aux creux et embouchures de ruisseaux dissimulés. Petite frayeur lorsque l'allemande s'est mise à conduire, ... D'ailleurs elle a réussi à vraiment bien embourber le 4x4. Indian Head, c'est un promontoire rocheux (un peu curieux de trouver ça sur une île de sable) offrant un point de vu magnifique sur l'île et l'océan. Baleines, requins, dauphins, tortues, raies....tout est tellement plus facile à apercevoir du haut de ces falaises. Les baleines ont alors entamé un concours de saut en hauteur, mais elles étaient assez loin et je n'arrivais jamais à les prendre en photo au bon moment/endroit.
Champagne Pools se trouve non loin de là. But bloody hell, combien de "champagne pools" ont-ils donc en Australie?? Les Australiens manquent un peu d'imagination parfois... Enfin bref, c'est ici le seul endroit de l'île où il est possible de se baigner dans l'eau salée sans risque de croiser un requin.

Les vagues viennent se fracasser contre les rochers de cette piscine naturelle et l'écume y jaillit généreusement. C'est bien cool. Pour nous débarrasser du sel, nous décidons de retourner nous "rincer" dans l'eau limpide d'Eli Creek....avant d'aller faire les braves dans les vagues du Pacifique. Qu'est-ce qu'il ne faut pas faire pour paraître courageux aux yeux des filles! Comment ça stupide ? :o)
Si les plages servent de routes pour les voitures, elles tiennent également le rôle de pistes d'atterrissage pour les avions transportant les touristes fortunés. En gros, il faut toujours regarder dans son rétro si un avion ne s'apprête pas à vous atterrir dessus, et laisser la priorité aux coucous qui décollent. Original. Nous retournons au camp dans la soirée, un dingo affamé nous attends. Allez ouste, à la niche le chien!
Le lendemain, nous chargeons la voiture et quittons le campement. Petit arrêt aux Pinnacles, des falaises de sable coloré, puis nous poursuivons notre dernier jour de safari jusqu'aux lacs Boomanjin et Birrabeen, respectivement orange et turquoise. Le plus beau lac de l'île est probablement le lac McKensie: son eau turquoise et sable blanc est un vrai rêve de carte postale. Oui, mais justement pour nous cela ne sera pas aussi incroyable que les photos que l'on peut admirer sur les étalages de cartes postales: le ciel s'est soudainement couvert de gros nuages.

L'eau, qui ne parait plus si turquoise que cela, reste quand-même archi-super transparente et pure, on peut la boire. Curieusement, les gens (ou devrais-je dire la gente féminine!) utilisent souvent ce sable blanc, composé de silice pure, pour s'exfolier la peau et se brosser les dents!! Un vrai salon de beauté. Comme la plupart des lacs de Fraser Island, le lac McKensie est un lac dit "perché" car ses eaux se sont accumulées au fil des précipitations sur une couche de sable (et de matière organique) compacte et imperméable. Mais le vent qui sculpte les dunes de sable aura tôt fait de faire disparaître ces magnifiques poches d'eau. Les dunes avançant à une vitesse de 2 à 3 mètres par an, certains lacs disparaîtront bientôt, d'autres se formeront...
Il est temps de quitter l'île. Nous avons passé 3 jours extras, chanceux d'être tombés sur des gens très sympa. Le Soleil entame sa descente éblouissante, le ferry glisse sur les eaux calmes de la baie.... C'est mon dernier jour de vacances, vacances dont j'ai profité à 200%. Ce soir, dernière soirée dans un backpacker avec ceux qui nous ont accompagné pendant ces 3 jours.
de gauche à droite: Edgar, Abi, Katri, Greg, Christiane, Gaby, Alma, Catherine, Henri, Mark, moi
Greg et moi partons très tôt le lendemain car le van doit être rendu à Brisbane avant 11 heures. Une fois de plus, c'est plusieurs milliers de kilomètres qui viennent de s'ajouter au compteur de mes aventures australiennes. Je vous le disais, ce pays est vraiment vaste...
Thanks Greg for being both such a great travelmate and a good driver! I wish you all the best... Et bien-sûr, un énorme merci à tous ceux qui m'ont aidé à payer ces vacances, c'était un super cadeau d'anniversaire! Merci!!!
Mackay, Marlborough, Rockhampton...nous ne faisons que rouler depuis que nous avons quitté Airlie Beach. La route est longue, entrecoupée de quelques arrêts pour assouvir nos besoins les plus primitifs: boire, manger, dormir. A ce propos, nous avons testé un fruit tropical acheté quelques jours auparavant, un Black Sapote. Pouahhh, c'était une horreur! Amer et ultra-épicé, c'est le fruit idéal pour empoisonner le chat du voisin. La patronne d'un café dans lequel on s'était arrêté a goûté et nous a enchaîné une série de jolies grimaces. Elle aurait peut-être pu gagner un concours. Et le fruit ne se contente pas de vous faire pleurer, il colore votre langue en jaune aussi. Sympa. Après quelques recherches, il semblerait qu'il n'était tout simplement pas mûr: également appelé the Chocolate Pudding Fruit, vous pouvez imaginer le goût que cela devrait normalement avoir.

Block Sapate, euh...Black Sapote
On commence vraiment à la connaître cette Bruce Highway, 1700 kilomètres reliant Brisbane à Cairns. Les champs de canne à sucre verdissent toujours le paysage, et des réseaux de mini-voies de chemin de fer parcourues par des minuscules trains assurent le transport de la plante sucrée fraîchement récoltée vers les raffineries. Et ça fume et ça fume...
En gros, une journée sans intérêt le long de cette Capricorn Coast (car nous sommes au niveau du Tropique du Capricorne) et qui se terminera à Gladstone. C'est ici que les minerais de bauxite provenant du Cape York sont transformés en aluminium puis exportés à bord d'énormes cargos.
Le lendemain, détour vers un petit village de bord de mer au nom assez original: Town of 1770. Les kangourous y virent débarquer en mai 1770 la célèbre frégate anglaise, l'Endeavour, commandé par son capitaine James Cook dont je vous avais parlé précédemment. Certains de ses descendants ont peut-être du rester là et se sont fait pousser les cheveux, les fausses dents de requins et les planches de surfs. C'est notamment d'ici que l'on peut partir faire de la plongée sur Heron Island et Lady Musgrave Island, deux superbes îles coralliennes.
Pélicans qui barbotent tranquillement à 1770
Nous arrivons à Hervey Bay en fin d'après-midi, juste à temps pour assister au coucher de Soleil à l'extrémité d'une jetée de 700 mètres de long. Pas de protéines pour nous ce-soir car les poissons, eux, n'avaient pas l'air affamés. Encore une fois, nous nous débrouillons pour nous doucher, faire notre lessive, notre popote, recharger nos appareils photos, regarder la télé, et même jouer au babyfoot gratos avec le staff d'un backpacker. Demain, nous quittons le continent pour passer 3 jours sur Fraser Island.
Nous sommes une vingtaine à embarquer à bord de Siska, un monocoque de 25m construit en Western Australia et vainqueur d'un certain nombre de courses nautiques. Greg et moi avons porté notre choix sur ce bateau car nous ne voulions pas nous contenter d'une croisière passive. Que diable moussaillon, il est temps de mettre ses (maigres) muscles à profit! Et effectivement, on hisse, on mouline, on se penche sur le côté lorsque le bateau s'incline et prend de la vitesse. Et puis toujours, garder en tête que les cordes et engrenages aiment bien les ptits doigts et qu'au moindre virement de bord le bôme est un redoutable adversaire! Lorsque le vent se met vraiment à souffler, on ressent alors toute la puissance du bateau, tracté par son immense voile. J'adore ces sensations...on en oublierait presque ce temps pourrit.

Durant ces 2 jours nous naviguons au beau milieu de l'archipel des Whitsundays Islands, 74 îles subtropicales incluses au sein de la Great Barrier Reef mais qui ne sont toutefois pas des îles coralliennes. D'origine continentales, ce sont donc les sommets de montagnes immergées mais souvent bordées de récif de corail. Émergeant au milieu d'une eau turquoise, ces îles sont tapissées de rainforest et abritent criques et plages d'une blancheur immaculée. La Grande Barrière de corail, elle, se trouve plus au large, à environ 60 kilomètres du continent.
Quelques mots sur la Great Barrier Reef. Visible depuis l'espace, cette huitième merveille du monde est le plus grand récif corallien de la planète: il s'étire sur 2600 kilomètres de la Papouasie-Nouvelle Guinée au nord jusqu'au tropique du Capricorne au sud ( vers Rockhampton). Il est généralement admis que les milliards de polypes coralliens constituant le récif actuel ont commencé leur croissance il y a de ça 20 000 ans, le niveau de la mer était alors bien plus bas. Cependant, les premières fondations de la Great Barrier Reef seraient beaucoup plus anciennes: certains squelettes d'anciens polypes auraient été daté à plus de 600 000 ans! Aujourd'hui, la Grande Barrière est plus ou moins divisée en 3 secteurs: le nord, où la profondeur n'excède pas 35 mètres; le secteur central (au niveau des Whitsundays justement) d'une profondeur de 55 en moyenne; et enfin le sud, aux fonds atteignant jusqu'à 145 mètres.
Plus de 2900 récifs et 900 îles composent ce gigantesque système vivant qui abrite une impressionnante faune et flore aquatique: 1500 espèces de poissons (+ baleines, requins, dauphins...), 400 types de coraux, 4000 sortes de mollusques, 800 variétés d'échinodermes, 1500 types d'éponges, 200 espèces d'oiseaux,....et la liste est longue. En fait, ces véritables jardins coralliens abritent la plus grande bio-diversité de tous les écosystèmes de la planète, supérieure encore à celle des forêts équatoriales.
Un homme à la mer! Ah oui, mais c'est volontaire: le snorkelling, à Blue Pearl Bay notamment, est vraiment superbe. Au milieu de massifs de coraux vraiment magnifiques, j'ai pu caresser à plusieurs reprises un énorme poisson tropical très curieux et affectueux, le Giant Maori Wrasse. Je n'avais pas d'appareil photo sous-marin, mais cela ressemble à ça:

http://flickr.com/photos/sailfish1/2062126246/
Il était vraiment mignon avec ses grosses lèvres :o) Les poissons ici sont vraiment habitués aux touristes et ne sont donc pas du tout craintifs. C'est une sensation d'aquarium tropical géant, des milliers de poissons aux couleurs flashantes vous entourant avec curiosité. D'ailleurs je n'ai jamais vu autant de poissons d'un coup et certaines espèces nageaient en bancs très denses, véritables murs vivants. Lorsque le banc se déplaçait vers moi à contre-sens, les poiscailles ne prenaient même pas la peine de m'éviter; l'un d'entre-eux a finit par me percuter en pleine face, à croire qu'il était aveugle! Salaud va. Il y avait également d'énormes bénitiers géants et de superbes anémones. Bon par contre je n'ai pas vu l'ombre d'un requin (contrairement à la Ningaloo Reef sur la côte ouest où ils se trouvent en grand nombre).
Un point énervant, trèees énervant: les touristes qui détruisent les coraux avec leur palmes. Et certains gugus n'hésitent carrément pas à marcher dessus, on en a vu. Il faut savoir que le corail est ultra fragile et qu'il se développe assez lentement. "Certains scientifiques prédisent que si la situation se maintient [tourisme, réchauffement climatiques, pollution..], il pourrait ne plus rester qu'a peine 5% des récifs coralliens a l'horizon de 2050". Cela fait peur quand-même...
Hips, après une soirée bien arrosée (merci Ally pour nous avoir vomis dessus!), dodo dans nos couchettes qui en somme n'étaient pas si mal que ça. C'est vrai qu'on ne le dirait pas, mais dans la coque d'un bateau de 25 mètres il y a pas mal de place (couchettes, 2 salles de bain, cuisine, coin repas, etc...).
Le lendemain, nous passons la matinée à Whitehaven Beach, probablement la plus belle plage de l'archipel des Whitsundays. Un paysage de carte postale. Les 438 mètres du Whitsunday Peak dominent l'île, autrefois occupée par les Ngaro, une tribu aborigène. Et c'est vrai que, même sous d'épais nuages et à marée haute, le paysage reste superbe.
Inespéré! Nous aurons droit à quelques minutes d'ensoleillement! On en a profité pour descendre sur la plage et nous baigner: eau transparente à souhait et sable blanc...

Retour sur le bateau, le vent est assez faible mais suffisant pour repartir vers Airlie Beach. Quelques tortues marines nous saluent de leurs nageoires, nous apercevons également quelques baleines. Et histoire de bien nous narguer, le Soleil refait sont apparition une fois que nous nous éloignons des îles... Bref, au final un petit break sur l'eau bien sympa: la bouffe était bonne, pas de mal de mer et un équipage assez cool. Mais je reviendrai pour le Soleil, promis!
De retour sur le continent, nous passons notre dernière soirée à Airlie Beach et dormons dans un backpacker, gratuitement. Drôle de soirée, on s'en souviendra...
Mission Beach est une très jolie plage, idéale pour se détendre et faire la sieste à l'ombre des cocotiers. Mais attention aux chutes de noix de coco! Vu le nombre d'entre-elles étalées par terre, cela ne m'étonnerais qu'à moitié si on me disait que certains auraient tenté d'en ouvrir une avec leur crane. Héhéhé, peuvent toujours essayer... une noix de coco tombant de plus de 10 mètres de haut sur sa tête, on doit la sentir passer!
Mission beach in the morning
Cette plage tire son nom d'une mission aborigène fondée ici en 1914, mais balayée par un cyclone 4 ans plus tard. Quelques habitations sont éparpillées le long de ses 14 kilomètres de sable doré, c'est assez relax je dois avouer. Au large se dressent les reliefs de Dunk Island, une grosse île granitique à l'abondante faune.
Après avoir tiré Greg hors de son hamac, nous allons nous balader dans la forêt, c'est notre dernière chance d'apercevoir un casoar. Bad luck...on reviendra. Par endroits, les arbres sont verts des pieds à la tête: leurs troncs et branches sont dissimulés sous une parure de lianes et plantes grimpantes. Mais cette cathédrale végétale est souvent menacée par les cyclones tropicaux qui détruisent la canopée. Ce fut par exemple le cas en Mars 2006, lorsque le cyclone Larry s'est abattu sur la côte. Cela provoque souvent d'importantes modifications dans l'écosystème de la rainforest car justement, la majorité des insectes, oiseaux et compagnie élisent domicile sur la canopée.
Fern
Nous reprenons la route et traçons vers le Sud. Ingham, Townsville, Bowen et sa mangue géante...les kilomètres s'enchaînent par centaines sur cette Bruce Highway (et les pleins d'essence aussi sniff), une route longue et monotone. Nous hésitons à nous rendre aux Wallaman Falls, les plus hautes chutes d'eau d'Australie (268m), mais par manque de temps nous roulons d'une traite jusqu'à Airlie Beach où notre bateau nous attends le lendemain.
Du moins c'est ce que nous croyions, mais nous sommes en fait arrivés un jour trop tôt! C'est vraiment trop bête, car nous avons dû faire l'impasse sur plusieurs jolis coins, Hinchinbrook Island notamment.
Airlie Beach est une petite station balnéaire qui a du charme: beaux point de vue sur la mer turquoise au-dessus de laquelle flottent les voiles de centaines de sailing boats. Enfin,quand il fait beau du moins :o( Au loin, les Whitsundays Islands se laissent dessiner derrière un épais rideau de pluie. Ah ben mon zami, nous ne sommes pas très gâtés avec le temps. Le gros inconvénient d'Airlie Beach, c'est qu'il n'y a pas grand-chose à faire, c'est une sorte de Cairns ultra-concentré. Le bled est hyper touristique car c'est une des portes d'entrée pour la Great Barrier Reef. Les touristes arrivent par bus entiers, se trempent les pieds vite fait dans le lagon artificiel puis partent en croisière au milieu des Withsundays Islands pour plusieurs jours. Retour au port, on fait la fête, niveau bars et discothèques il n'y a que l'embarras du choix, puis zouh...destination suivante. Ah, on est bien loin du calme et isolement de la côte Ouest.... Allez, ne faites pas grise mine, cela vaut quand-même le coup d'y aller!
Airlie Beach Harbour
Le lendemain nous passons la journée un peu au nord, à Dingo Beach, pour échapper à la fine pluie qui arrose Airlie. Et puis c'est également l'occasion de tester notre "brand new" matériel de pêche: on finira avec 2 poissons chacun dans nos assiettes, pas si mal hein!.... Euh? Quelle taille....ben euh...un bon mètre. Bon d'accord, hum hum, un peu plus petits... On ne sait pas vraiment quelles sortes de poissons c'étaient, donc dans le doute on les a avalé. Il parait que quand on a faim, il faut manger. Et quand on ne peut pas, il faut se forcer!
Ne vous y trompez pas, l'Australie est bien un continent aride et désertique dans sa plus grande partie. Certains endroits cependant coïncident mal avec cette image véhiculée d'un pays poussiéreux et brûlé par le Soleil. La région des Tablelands en est bien l'un d'entre eux: cascades et anciens lacs volcaniques s'égrènent au milieu des collines verdoyantes et des massifs de rainforest.

Cette région s'étend dans l'arrière pays de Cairns, est majoritairement constitué de hauts plateaux. Les précipitations fréquentes rendent les vaches laitières et autres kangourous arboricoles heureux. Comment? Des kangourous arboricoles? Oui, c'est vrai que l'on a souvent en tête ces images de marsupiaux bondissant sur les terres rougies de l'Outback Australien, mais il existe également une espèce vivant dans les arbres, les Lumholtz'sTree Kangaroos. Espèce menacée, on ne trouve ces petits marsupiaux que dans les rainforest humides du North Queensland. Au-dessus des routes qui traversent les forêts, des sortes de passerelles en cordes ont été installées pour permettre aux kangourous de traverser. C'est marrant, on s'attendrait quand-même plus à voir un singe se balancer au-dessus de sa voiture plutôt qu'un kangourou... Malheureusement nous n'en verrons pas, pas plus que de Casoars ou même d'ornithorynques, endémiques à la côte Est Australienne.
Dans la matinée, petite ballade du coté du Hypipamee National Park qui comporte un cratère volcanique de plus de 80 mètres de haut. Apparemment le lac qui le remplit est très profond, car ce cratère est un conduit reliant plusieurs cheminées volcaniques. Une série de petite cascades, les Dinner Falls, dégringolent à proximité.
Un peu plus au Sud, la route fait tout un circuit reliant plusieurs chutes d'eau, notamment: Millaa Millaa Falls, Zillies Falls, Ellinjaa Falls et Mungalli Falls, les premières étant les plus jolies.
Millaa Millaa Falls
Prairies verdoyantes, champs de thé, de canne à sucre ou bien plantation de bananiers rythment les kilomètres qui suivent le long de la Palmerston Highway. Nous arrivons un peu plus tard devant le Paronella Park où un espagnol y avait érigé dans les années 1930 une grosse bâtisse, style château espagnol, alimenté en électricité par son propre (mini)barrage hydro-électrique. Dans les années qui suivirent, la propriété fut lourdement endommagée par des inondations, cyclones et incendies. Et le gars est mort d'un cancer. Ben, c'est pas d'bol tout ça! Enfin bref, un couple d'Aussies a racheté cet ensemble immobilier et a ouvert le parc au public, ce qui permet notamment de financer la restauration du château. D'ailleurs, l'endroit a servi plusieurs fois au tournage de films et téléfilms, le propriétaire en était bien fier. Mais Greg et moi n'avons pas fait la visite car à $20 l'entrée, cela aurait bien fait mal au porte-feuille. Un peu exagéré je trouve...
On trouve de nombreux stands de fruits tropicaux le long des routes, en trust-service si j'ose dire. Personne ne va vérifier si vous avez payez car les gens vous font confiance.C'est un peu comme autrefois lorsque les gens déposaient l'argent au pas de leur porte pour recevoir leur bouteille de lait...Je trouve ça génial, mais je n'imagine pas ce concept (re)apparaître en France!

Nous arrivons à Mission Beach au coucher du Soleil et Greg se prend tout de suite d'affection pour un grand palmier, ou plutôt ses noix de coco. Ahhh, les Canadiens et les noix de cocos.... Mais il a largement sous-estimé la taille de l'arbre et on a frôlé la catastrophe. Bon, la prochaine fois on louera un singe hein!
La soirée se finit en feu de camp sur la plage en compagnie d'autres backpackers bien cools. On apprendra comment enrouler de la pâte à pain fait "maison" autour d'un stick et la faire cuire au-dessus des braises....à point! Un régal :o)
Une alternance de champs de canne à sucre et plantations de bananiers composent majoritairement le paysage, avec le Thornton Peak (1375m) coiffé d'une zolie perruque nuageuse se dressant au loin. Nous ne tardons pas à arriver à l'embarcadère d'un petit bac tracté par des câbles et qui permet de traverser la Daintree River. Ses eaux turbides, bien aimées des crocodiles marins, serpentent au milieu de la rainforest avant de se jeter dans l'océan au niveau de Trinity Bay. D'ailleurs, on aperçoit assez bien son embouchure depuis le point de vue de Walu Wugirriga, où les fougères géantes rivalisent en taille.
Ici pas besoin d'avoir un 4x4 car la route est goudronnée, ce qui n'est pas étonnant car c'est un coin vraiment très touristique; par contre pour pouvoir continuer plus au nord vers Cooktown, les 4 roues motrices deviennent obligatoires (franchissement de rivières et piste non goudronnée, la Bloomfield Track). On s'arrête quelques instants à Thorton Beach pour se prélasser un peu sous les nuages, un peu d'ironie ne fait pas de mal. C'est vrai que pour le moment le temps n'est pas idéal, mais bon, on ne va pas trop se plaindre non plus car la pluie nous a épargné jusqu'ici.
Gare aux casoars (cassowary)!
Ces oiseaux uniques que l'on ne trouvent qu'en Papouasie-Nouvelle Guinée et dans ce petit coin tropical d'Australie (Southern Cassowary ici) sont les volatiles les plus agressifs de la planète. Si ils se sentent menacés, il n'hésiteront pas à vous courir après et à vous donner des coups de pattes, armées d'énormes griffes (12cm) très acérées.
"During World War II, American and Australian troops stationed in New Guinea were warned to steer clear of the birds. They are capable of inflicting fatal injuries to an adult human".
Donc un risque bien réel de se faire éventrer, charmant. J'avais rencontré une australienne à Cairns qui m'avait conseillé de protéger mon ventre avec mon sac à dos en cas d'attaque. Et puis à moins de courir plus vite que 50km/h et de nager aussi bien que Michael Phelps, pas facile de leur échapper. Ils courent vite, nagent bien et sautent haut...de bon ptits athlètes! Enfin bon, de toute façon nous n'avons pas eu la chance d'en apercevoir...
En fait, les casoars ressemblent un peu à des autruches et peuvent atteindre 2m de haut. Ils ont une sorte d'excroissance osseuse poussant tel un casque au-dessus de leur tête bleue, et des caroncules rouges qui pendent à leur cou.

(http://www.daintreebirdwatching.com.au/packages.html)
Ces oiseaux jouent un rôle clé dans l'écosystème des forets tropicales, car "c'est le seul animal capable de disséminer les graines de plus de 70 espèces d'arbres dont les fruits sont trop gros pour être digérés et passés par les autres animaux de la foret" (sous forme d'excréments).
Pourtant, ils sont aujourd'hui en voie de disparition car pas mal d'entre-eux ont été renversés sur les routes depuis que le tourisme s'est développé, et leur habitat fut considérablement réduit au cours des dernières décennies (déforestation). De plus, les petits sont souvent la proie des cochons sauvages (feral pigs) qui pullulent dans le North Qld.
Nous apercevons notre premier "salty" un peu plus loin, un bon gros crocodile marin assez difficile à voir car il se déplaçait vraiment furtivement sans le moindre remous à la surface de l'eau, et puis il était malheureusement assez loin....
Cape Tribulation nous voila! Partie intégrante du Wet Tropics World Heritage, c'est l'un des rares endroits au monde où la rainforest rejoint l'océan à la rencontre des récifs de corail. Pour la partie un peu historique, ce cap fut nommé par l'explorateur anglais James Cook en juin 1770, après que l'Endeavour se soit échoué sur un récif corallien. L'équipage passa 7 semaines à terre pour réparer le navire. En souvenir de cette mésaventure, l'endroit pris donc le nom de Cape Tribulation (=mésaventure, malheur): "Cape Tribulation, because here began all our troubles"...
La plage est vraiment superbe, sauvage, bordée de cette dense forêt humide. Nous nous baladons un peu dans la forêt le lendemain matin (Dubuji Boardwalk), où poussent entre-autres ces magnifiques palmiers, les fan palms:

Ses feuilles ont une texture très, euh....plastique, c'est marrant.
Des ptits yeux jaunes, une grande queue, des grandes dents....les marmottes infestent la Daintree River. Ah non pardon, les crocodiles (ah ben voui, une marmotte ça n'a pas d'écailles j'suis bête). Petite croisière d'une heure pour apercevoir une poignée de crocodiles pas si gros que ça, nous étions un peu déçu car nous avons manqué les 5m du gros male dominant. En fait, il y a moins de crocs dans les rivières du Queensland que dans celles du Northern Territory près de Darwin (la Yellow River par exemple), car ici ces bestioles ont des territoires plus grands et sont moins sociables. Mais ils n'en restent tout de fois pas moins intelligents: le gars nous a expliqué par exemple qu'il a vu un gros crocodile réussir à faire tomber un arbre qui poussait au-bord de l'eau, les flying fox (chauve-souris) qui y avaient trouvé refuge terminant dans son estomac.

Nous avons donc aperçu quatre ou cinq de ces carnassiers se dorant la pilule sur les berges boueuses, au milieu de la mangrove. Bon il n'y a pas que des crocodiles ici: oiseaux en tout genre, serpents (pythons notamment), et des superbes papillons tropicaux (un peu dur à photographier!).
Nous repartons vers le sud et arrivons dans la région des Atherton Tablelands en fin de journée (Sud-Ouest de Cairns, à l'intérieur des terres). Petite curiosité: le Curtain Fig Tree, un arbre gigantesque aux immenses racines aériennes.

Vraiment impressionnant.... Nous passerons la nuit près du lac Tindroo.
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