Florent VétillartDown Under !
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Les côtes de la région des Catlins dans laquelle nous nous trouvons sont très exposées à la houle de l'Antarctique, et les vagues peuvent atteindre 13m de haut! Alors au milieu de cette mer dechainée, de grosses bestioles poilues viennent se reposer et paresser sur les plages. Et ce matin, alors que nous venons tout juste de nous lever, on aperçoit sur la plage des Hookers Sea Lions, une espèce rare et menacée de lions de mer. Un gros mâle et plusieurs femelles grognent (jouent?), baillent, se font des calins, et les femelles semblent s'affronter pour s'octroyer le droit de dormir à côte du gros lard. Ce sont vraiment de grosses bébettes, pouvant atteindre 500kg à l'âge adulte. En tout cas, mieux vaut ne pas trop s'approcher car meme si ils ont l'air mignons, ils ne se priveraient pas pour croquer un ptit bout de bras.
Après cette rencontre sympa et inattendue, nous reprenons la route, direction le sud patron, la pointe la plus au nord de la Nouvelle-Zélande: Slope Point (46°40′40″S, 169°0′11″E) .Jamais nous n'aurons été aussi loin de notre bonne vieille France et aussi près de l'Antarctique ! On accède à ces falaises du bout du monde par un sentier, dans un private land. Puis c'est repartit, à l'Est désormais. Nous nous arrêtons à Curio Bay, une plage laissant apparaitre à marée basse une forêt pétrifiée, âgée de 180 millions d'années! C'est une sensation étrange que de marcher sur un sol foulé autrefois par les dinosaures. A la différence près que les troncs sont désormais fossilisés. Une silhouette familière semble nous observer: un pingouin, mais cette fois-ci il s'agit d'un Yellow Eyed Penguin (hoiho en maori), l'espèce la plus rare et la plus menacée. Il n'y en aurait que 1800 sur Terre: 1200 en Antarctique et le reste en NZ et dans les îles avoisinantes. Il est vraiment joli avec sa tête cernée d'un cercle jaune (cf photo).
Nous laissons là ce pauvre petit père et remontons dans notre charriote endiablée (Messire, un sarrasin). On longe Porpoise Bay, baie où cohabitent des surfeurs et les Hector's Dolphins, les plus petits dauphins du monde (et au passage, l'un des mammifère marin les plus menacé d'extinction). Sur la route, quelques arrêts et notamment des chutes d'eau, les Mc Lean Falls, et un superbe point de vu (gâché par la pluie) à Florence Hill, sur une plage bordée par la forêt. Allez, on aime bien les cascades (mais si!), on va s'en refaire 2 au passage: les Matai Falls et les Purakaunui Falls. A proximité se trouve le Jack's Blowholes, un gouffre de 55m de profondeur, relié par des conduits naturels souterrains à la mer située à 200m de là. L'eau s'y engouffre avec violence.
Petite pause course quelques kilomètres plus loin à Owaka, principale ville des Catlins, puis à Cannibal Bay. Des ossements humains y furent découverts il y a quelques années, donc...méfiance :o) Après tout, c'est peut être ce couple de lions de mer avachis à quelques mètres de nous qui seraient les coupables? Qui Sait? Euh...bon, on va les laisser dormir alors :-P Vers les 17h nous arrivons à Roaring Bay. Un poste d'observation permet de voir à couvert des Yellows Eyed Penguins. Ils rentrent de leur ballade quotidienne en mer pour aller nourrir les petits restés à terre. Il est important de ne pas se faire voir (ou le moins possible) car ils sont extrèmement timides. Voir ou juste entendre une personne peut les stresser, et cela joue (indirectement) sur leur reproduction.
La route continue jusqu'à Nuggets Point, dont le phare construit en 1819 en marque l'extremité. Ce bout de terre qui s'avance dans l'océan est le refuge de nombreux animaux: phoques à fourrure (fur seals), lions et éléphants de mer, cormorans, goélands, pingouins (Yellow-Eyed , Blue, Empereur, Royal..)... De bonnes jumelles ou un bon zoom (merci mon appareil photo!) permet de les observer du haut de la falaise. Le Soleil couchant donne aux gros rochers qui émergent de l'eau l'aspect de nuggets, d'où le nom Nuggets Point. En repartant de ce petit coin sauvage, j'ai la chance de voir d'assez près (mais en restant volontairement caché) une colonie de Yellow-Eyed. Sont vraiment mignons!
Ce soir, dodo près de la plage de Kaka Point. Le vent de l'Antarctique refroidi vraiment le fond de l'air...
Fjordland est l'un des plus vieux (et pluvieux) endroit de Nouvelle-Zélande, avec des roches datant de 450 millions d'années. Les vallées (fjords) furent formées par la lente érosion des éléments et le travail méchanique des glaciers. Lorsqu'on arrive ici, on sent une nette différence de température avec le reste du pays: plus froid, mais également plus humide. Le relief stoppant en effet net les masses nuageuses provenant de l'océan, il pleut des quantités astronomiques d'eau chaque année: jusqu'à 9m/an! Il parait que c'est un des endroits les plus humides de la planète. Comme je vous le disais, ces fjords sont assez inaccessibles, seuls quelques chemins de rando (de plusieurs jours) ou une croisière en bateau permettent d'en explorer quelques recoins. Du coup, la nature y est restée intacte, sauvage, se voyant accueillir de nombreuses espèces endémiques végétales et animales. Par exemple le Kakapo, un perroquet nocturne incapable de voler. Pingouins, dolphins, phoques, oiseaux (...) y vivent peinards. Ce coin isolé a une autre particularité: les grandes quantités d'eau douce qui s'y abattent chaque année forment une couche épaisse (riche en tanins) au dessus de l'eau de mer, plus lourde. La lumière est ainsi davantage stoppée, et l'écosysteme sous-marin abrite des espèces vivant habituellement dans les océans à de grandes profondeurs.
Milford est très touristique car c'est le seul fjord accessible par une route. Du coup, lorsque nous voyons arriver ce matin une ribambelle de bus touristiques (photo photo), ça gache un peu l'ambience sereine. Mais une fois qu'ils ont embarqué sur des bateaux de croisière, un calme relatif s'installe à nouveau. Le temps n'est pas exceptionnel et les reliefs sont cachés par les nuages. Je crois que la croisière en bateau, ce sera pour une autre fois. Petite rando à la place, puis nous repartons vers le village de Te Anau ( et visite éclair du Wildlife centre, qui abrite quelques piafs protégés). Direction ensuite Manapouri, base de départ pour les croisières vers Doubtful Sound, le plus large et peut-être le plus beau des fjords de Fjordland. Le capitaine Cook aurait été le premier à le découvrir, en 1769... Mais nous n'irons pas, car la croisière est trèèèès chère (et dure plusieurs jours).
La Southern Scenic Route que nous suivons rejoint la côte sud, avec en chemin quelques points d'intérêts: le Clifden Suspension Bridge, construit en 1899, et le lac Hauroko, dont les 462m en fond le plus profond de NZ. La route longe ensuite la côte et des petits arrêts s'imposent avant d'arriver à Invergargill: le point de vue depuis les falaises côtières de Te Waewae Bay (on est censés voir des dauphins, ah bon?) et une minuscule île accessible à pattes à marée basse, Monkey Island. Bizzar, à part nous, pas un seul autre singe. On arrive en fin de journée à Invercargill, la "grosse" ville du sud de l'île (50000 hab). Bon, je vous le dis tout de suite, l'endroit n'a pas beaucoup de charme. Les rues sont quadrillées autour d'une large et longue artère principale, mouais. Je crois que ce que je retiendrais le plus de cette ville, ce sont ces types qui s'amusent à faire des courses et des dérapages dans les rues, avec leurs voitures tunées et boostées. On se croirait dans le jeu Need For Speed Underground! Et il y en a partout, c'est dingue!
On dormira donc peinards quelques kilomètres plus loin à Waipapa Point, loin de ces tarés. Le phare de la pointe (1884) nous servira de veilleuse. Good Night
Ce matin le Soleil pointe le bout de son nez et nous découvrons enfin les Remarkables dans toute leur splendeur. Les précipitations de la veille les ont coiffé d'une légère couche de neige les rendant un peu moins "effrayantes". Nous partons aujourd'hui vers le Fiordland National Park, à l'ouest, probablement la partie la plus sauvage et reculée mais également la plus belle de Nouvelle-Zelande. La plus pluvieuse également :o) La route n°6 que nous suivons continue son petit bonhomme de chemin le long du lac Wakatipu, et quelques heures plus tard nous arrivons à Te Anau, porte d'entrée des merveilleux fjords: Doubtfull Sound (uniquement accessible par bateau) et Milford Sound. Petite pose sur les rives du lac Te Anau, entouré par les Murchison Mountains, puis nous repartons. Plus on se rapproche de notre destination, Milford Sound, plus le temps se dégrade. Nous entrons enfin dans le Fjordland NP, la route s'enfonçant alors dans une large vallée qui se rétrécit petit à petit. Quelques arrêts de temps en temps, avec notamment: Mirror Lakes, censé refléter les montagnes (censé, car là ce n'est absolument pas le cas, trop de vent), et Cascade Creek.
Nous franchissons The Divide, le passage permettant d'accéder au versant ouest des Alpes du Sud, et petit détour dans une vallée encaissée (Hollyford Valley) pour admirer les Humboldt Falls (une cascade, une de plus!). Un tunnel, long de 1207m, est la seule et unique voie permettant de franchir le mur gigantesque qui se dresse en face de nous. Une montagne infranchissable, verticale, dont les flancs sont saignés par de nombreuses chutes d'eau. C'est plutôt impressionant. Le tunnel débouche ensuite dans une vallée très étroite, le Cleddau Canyon, surmontée par les 2746m du Mont Tutoko. Malheureusement le ciel très nuageux réduit la visibilité. Avant d'arriver au tant attendu Milford Sound, nous nous balladons dans la forêt pour allez voir la Cleddau River s'écouler avec fracas au milieu de rochers érrodés, formant une sorte de pont naturel.
Et puis en début de soirée, ce paysage magique probablement le plus photographié de NZ se dévoile sous nos yeux: Milford Sound, un fjord dominé par l'ombre bienfaisante du Mitre Peak (1689m). Milford Sound est un peu ce que le célèbre rocher rouge Uluru est à l'Australie. Bon, en ce qui nous concerne, nous avons le droit à un traitement de faveur: l'ombre pasbienfaisante du tout de gros nuages noirs bien chargés. Et la pluie ne tarde pas à s'abattre. Ca aura au moins l'avantage de clouer le bec au perroquet qui nous empêche de dormir.
Une bonne nuit de sommeil dans un vrai lit, ça fait du bien! Et notre descente vers le Sud continue... La Crown Range Road reliant Wanaka à Queenstown est magnifique: elle s'enfonce, sinueuse, au fond de vallées étroites et gravit des montagnes, dont les plus hauts sommets sont enneigés. A l'image du Coronet Peak par exemple et de ses 1646m : ce n'est certes pas le plus haut relief, mais il reste très fréquenté en hiver pour ses bonnes pistes de ski. Il y a également pas très loin d'ici la jonction de deux rivières (Clutha River et Kawarea River), formant ainsi l'une des rivières des plus rapide au monde (la deuxième en fait, après l'Amazone). Le rafting dessus, ça doit être tendu!
Nous faisons une petite halte à Arrowtown (sous la pluie toujours, grrrhh :o(, un ancien village née de la ruée vers l'or dans les années 1860. Des anciennes maisons ou plutôt cabanes, ayant appartenu à des colons chinois, on été restaurées. Ils s'y installèrent dans l'espoir de faire fortune, mais mal acceptés, ils se reconvertirent dans leur occupation traditionelle de fermier. Leurs conditions de vie étaient assez précaires. A quelques kilomètres de là: Queenstown (2500hab), qui se targue d'être la capitale mondiale de l'aventure et des sports de l'extrème. Elle ne l'a pas volé cette réputation! A condition d'aligner les sousous, il y a énormement de choses a faire: saut à l'élastique (inventé ici-même!), parachute/pente/moteur etc.., Jet Boat dans des canyons étroits, ski, heli-ski (on saute sur les sommets à partir d'un hélico), escalade, rafting, mountain bike, raids en 4x4, zorbing, + tous les sports nautiques. Et j'en passe ;o) Enfin bref, il y a largement de quoi faire.
La ville en elle-même est assez sympa: construite sur les rives du lac Wakatipu (formé dans le lit d'un ancien glacier), elle offre une vue magnifique sur les montagnes. Et à l'Est notamment, la chaine des Remarkables: regardez les photos et vous allez les reconnaitre: elles ont servi de décors dans le film Le Seigneur Des Anneaux. Le temps est plutôt pluvieux donc on se contente avec Romain de se ballader dans les petites rues du centre et dans les jardins botaniques. Le soir, dodo dans la voiture sur une colline surplombant la ville et le lac: la vue est superbe. La comète est encore visible, mais il faut de bons yeux maintenant.
Même si ce n'est pas le top du comfort, on commence à s'habituer à dormir dans cette voiture! Nous reprenons la picturesque route n°6 de bonne heure pour joindre Wanaka en fin de matinée. En chemin, plusieurs chutes d'eau ne demandent qu'à être prises en photo, telles que Thunder Creek Falls (28m) et Fantail Falls. Après avoir franchi Haast Pass (un col à 550m et des bananes), stop aux Blue Pools, des sortes de grandes piscines naturelles où les eaux turquoises de plusieurs rivières viennent s'y mélanger. On n'aurait qu'une envie: un petit plongeon du haut des rochers histoire d'aller discuter un peu avec les truites que l'on aperçoit. Mais bon, pas trop le temps et puis glagla aussi. Et hop, on retraverse la rivière par le petit pont suspendu (il y en a beaucoup en NZ), et nous repartons. Stop essence à Makaroa, puis joli point de vu sur le lac Hawea longé par la route. Nous arrivons finalement en fin de matinée à Wanaka, petite ville (3500 hab) construite sur les rives du lac du même nom, dominé par l'imposante silhouette du Mont Efferalgang, euh pardon, Aspiring (3055m). Les gens viennent ici en hiver pour la proximité des stations de ski, en été pour les activités nautiques , et toute l'année pour les sports extrèmes dont raffolent tous les néozelandais.
Pour nous, c'est un bon point de départ pour une randonnée dans le Mont Aspiring National Park. Le ventre rempli d'un bon sandwitch (cf. tu veux un bon sandwitch Père Noel), nous partons découvrir le Rob Roy Glacier. Une piste accidentée d'une trentaine de kilomètres permet d'accéder au fond de la vallée, au point de départ du chemin de rando. Mais les amortisseurs n'aiment vraiment pas la tôle ondulée! Petit coucou aux vaches qui ruminent machinalement dans les alpages, puis nous nous enfonçons dans une luxuriante forêt. Quelques heures de grimpette plus tard et nous débouchons quasiment au pied du glacier, et c'est d'autant plus sympa qu'il fait beau et chaud. De temps en temps, des blocs de glace se détachent de la paroi du glacier avec fracas. Des keas curieux et gourmands viennent quémander un peu de nourriture, ils fouillent même dans nos sacs quand on a le dos tourné. Non mais!
Retour dans la soirée à Wanaka: nous passerons la nuit dans un backpacker, histoire de recharger nos batteries et celles de nos appareils photo.
Impossible de manquer les photos du lac Matheson sur les étalages de cartes postales. C'est probablement le lac le plus photographié de NZ, le calme de ses eaux reflétant parfaitement la chaine alpine qui s'étend devant lui, et notemment les 2 plus hauts sommets de NZ: le mont Cook (Aoraki) et le mont Tasman. Levés de bonne heure, nous faisons le tour du lac armés de nos appareils photos, histoire d'immortaliser le lieu. C'est superbe mais le plafond nuageux est assez bas donc on ne voit pas trop les montagnes. Les quelques rides striant la surface du lac proviennent en fait des canards. Ah les salauds, ils vont gacher nos photos!
A 10 heure et de bonne humeur (toujours) nous rejoignons notre guide et le groupe "d'alpinistes chevronnés", pour l'ascension du Fox Glacier. Pour ceux que cela interesse, je peux vous expliquer rapidement what is a glacier :-) A cet endroit se rencontrent les plaques pacifiques et australiennes, et les gigantesques forces mises en jeu lors de cette collision entrainent la formation des Southern Alps de Nouvelle-Zélande (10mm/an). Le relief ainsi crée stoppe les nuages, les obligeant à relarguer d'énormes quantités d'eau (pluie ou neige en fonction de l'altitude). A la fin de l'hiver, une partie de l'épaisse couche de neige accumulée en haut de la montagne va fondre durant l'été, la neige restante va quant à elle subir différents processus de recristallisation (=firnification) et sa densité va augmenter. Elle devient donc plus compacte et l'année suivante, sous le poids de nouvelles chutes de neige, elle va se compresser encore davantage, etc... L'air est chassé à la surface, la neige initiale s'est transformée en glace (couleur bleue).
L'avancée du glacier (dépendant donc de la quantité initiale des précipitations) s'explique par le fait qu'une mince péllicule d'eau recouvrant les rochers sous la glace sert un peu de tapis roulant (cf toboggan aquatique). D'autre part, plus l'épaisseur de la couche de glace sera grande, plus elle sera plastique: sa vitesse de progression va augmenter. La particularité du Fox Glacier (et du Franz Joseph) est que la vitesse d'avancée de la glace est très grande, 2,5 metres par jour. Soit 10 fois plus en moyenne que les autres glaciers dans le monde, et surtout, la transformation de la neige en glace ne prend que 5 ans, contre 10 à 50 ans pour les autres glaciers! Du coup, le bas du glacier ne se trouve qu'à seulement 240m d'altitude, donc au même niveau que la Rainforest. Aux mêmes latitudes, seuls 3 glaciers dans le monde ont cette particularité: Le Fox, le Franz Joseph et un autre glacier Argentine.
Même si depuis 1980 le glacier réavance, il a perdu énormement de son importance depuis les années 1800. Le réchauffement climatique encore une fois n'y est pas étranger... Bon, retournons à nos moutons. Nous partons donc avec un groupe d'une dizaine de personnes, accompagnés d'un guide qui doit avoir notre age. Ballade tout d'abord dans l'ancien lit du glacier, au milieu des moraines (rochers transportés par la coulée de glace), puis sur les flancs du glacier, dans la rainforest. Et enfin, armés de crampons, nous grimpons sur la glace. Une rivière souterraine drainant les eaux de fonte jaillit avec un très fort débit par une cavité au bas du glacier. Impossible cependant de s'en approcher car des blocs de glace menacent à tout moment de se détacher. Et les grondements que l'on entend de temps en temps sont là pour nous rappeler le danger.
4 heures plus tard retour au village et c'est repartit. Nous continuons donc notre route vers le sud de l'ile. Petit arrêt au lac Paringa, dont les eaux poissoneuses (truites) font le bonheur des pêcheurs, puis à Knights Point, un paysage carte-postale splendide. Du haut de la falaise, vue imprenable sur la mer de Tasmanie léchant de ses gros rouleaux des plages de sable doré, parsemées de gros rochers photogéniques. La végétation luxuriante de la rainforest qui recouvre les montagnes rend l'endroit assez sauvage. Et petite cerise sur le gateau, une grosse baleine (pléonasme) et plus précisement une Sperm Whale, nage pas trop loin du rivage. It's beautifull. Apparemment, ces eaux profondes balayées en surface par la houle de l'Antarctique seraient un très bon garde-manger. Allez, nous laissons la baleine se régaler et reprenons la route direction Haast, puis Jackson Bay, plus au sud encore. Une piste empruntée en cours de route longe l'eau limpide de la Jackson River et aboutit quelques kilomètres plus loin à un incroyable panorama sur la Cascade River Valley. C'est un endroit splendide, isolé, et lorsque nous y arrivons toute la vallée brille comme un mirroir. Perdu entre des montagnes, ce lieu semble être oublié des hommes... ou tout au moins des touristes, et c'est tant mieux. Dommage, les photos ne rendent vraiment pas .
Plus tard, retour sur la fameuse Road 6. Avant d'arriver au petit village de pêcheur de Jackson Bay, nous apercevons un drôle de ptit bonhomme marchant sur le bas-côté. Vétu d'un smoking, il se dandine comme un pingouin. Ben tiens, c'est marrant ça, c'est un pingouin justement, un Fjordland Crested Penguin. Il est très mignon, mais semble être fatigué et blessé au niveau des pattes. On hésite à le prendre dans la voiture pour l'amener et le faire soigner au village. Finalement Romain part seul avec la voiture chercher une personne qui pourrait nous donner un coup de main. Quant a moi, je reste avec notre ami, marchant à ses côtés pour éviter qu'il ne se fasse renverser (même si je n'ai vu qu'une seule voiture depuis que nous sommes là!). Le soleil, pas inquiet du tout du sort du pingouin, va se coucher derrière la chaine alpine. Au moins, ça a le mérite d'être beau.
C'est à la fois rigolo de marcher à côte d'un pingouin presque main dans la patte, mais aussi triste de le voir trébucher sans arrêt, tête la première sur le goudron. Il finit d'ailleurs par se blesser à la tête. Et quelque chose de très énervant vient nous agacer: des nuées de petites mouches, les sandflies, qui piquent ou mordent, je ne sais pas trop, mais c'est une horreur. Romain finit par rentrer bredouille, nous décidons donc d'aider l'animal à regagner la plage. La nuit une fois tombée, on regagne enfin Haast pour y passer la nuit, fiers de notre "sauvetage" réussi. Espérons simplement que ses blessures ne s'infecteront pas.
Après une nouvelle nuit passée dans la voiture et bercés par le zzzzzzzzzzzzz criiiik zzzzzzzzzzz des antennes de téléphonies qui jouxtent l'endroit où nous nous sommes garés (quelle chance), nous allons lécher les vitrines de quelques magasins d'Hokitika. Cette petite ville héberge de nombreux artistes/sculpteurs, leur objet de travail: la "greenstone" encore appelée jade, une pierre (semi?)précieuse de couleur verte ou noire, particulièrement abondante dans la région. Allez, histoire de ramener un petit souvenir de NZ, je fais l'aquisition d'une petite sculpture représentant un kiwi. Les artisans les sculptent puis les polissent, leur donnant cet aspect si apprecié. Nous partons ensuite voir les Hokitika Gorges, a quelques kilomètres de la ville. Une petite rivière d'un bleu turquoise laiteux particulièrement intense serpente au fond d'une vallée encaissée très humide. La végétation abondante reçoit d'énormes quantités d'eau chaque année. Pour vous donner une idée, le record annuel de précipitation ici est de 18mètres, à comparer aux ridicules 750mm de Londres! Et pourtant il pleut souvent en Angleterre. Bon, on est chanceux, il fait très beau.
Sans trop tarder nous sautons dans la voiture direction le Franz Joseph Glacier, à une soixantaine de kilomètres plus au sud, avec une halte quand-même à Hokarito et ses fameux lagons. C'est un peu le paradis des zosiaux migrateurs, qui y viennent se ravitailler histoire de reprendre des forces pour leur long périple. On peut observer une colonie de hérons blancs, ce qui n'est pas trop depaysant car, chérie revient, j'ai les même à la maison. Il y a également pas mal de kiwis, donc le coin est très protégé: barrières, clotures...pour éviter que les gros chienchiens ne grignotent ces oiseaux timides. Enfin bref, c'est un endroit assez perdu mais très sympa, avec un joli point de vu (en faisant abstraction des nuages qui semblent vouloir gacher notre journée).
Nous arrivons en fin de journée aux pieds du Franz Joseph Glacier. De gros perroquets, les keas, ont l'air tellement affamés qu'ils s'attaquent aux véhicules! Et vas-y que j'te croque un bout de joint par ci, une antenne par là, ou encore les essuis-glace. C'est bon ça, les essuis-glace! Petite ballade au pied de l'imposante coulée de glace, qui depuis le début des années 1900 a perdu près de 2kms. Il paraitrait que la Terre se réchauffe...
Le vent est assez froid, et pour éviter de congeler sur place, on reprend la route jusqu'au second Glacier, le Fox Glacier, ou "Te Moeka o Tuawe" en maori. Long de 13kms et haut de 2800m, c'est le plus long de NZ. Nous irons demain matin nous dégourdir les jambes sur ses parois glissantes. Le ciel est très nuageux, j'espère juste que cela s'améliorera d'ici-là. Wait & See...
En attendant, dodo sur un parking près du lac Matheson, LE lac mirroir.
Et notre roadtrip continue! Nous partons de Takaka et rejoignons en fin de matinée le Nelson Lakes National Park, plus au sud. 2 grands lacs marquent le paysage: le lac Rotoiti et le lac Rotoroa. Les paysages sont magnifiques, c'est calme, reposant... Les eaux claires reflètent les collines avoisinantes et les petits moutons nuageux ponctuant le ciel. J'aime beaucoup cet endroit, mais nous n'avons pas énormement de temps pour y paresser. Une demi-heure de rêverie & planitude plus tard, nous reprenons la route. Mais attention, pas n'importe quelle route! Une route que le Lonely Planet place dans le top 10 des plus belles au monde.... la route N°6 . Elle rejoint la côte ouest de la NZ et la longe jusqu' au sud.
Petit arrêt casse-croute à Murchison, la "capitale des tremblements de terre". Située en plein sur la ligne de chevauchement des plaques tectoniques dont je vous avais parlé précédemment, elle subit plusieurs centaines de (petites) secousses par an. Parfois, certaines sont d'intensité particulièrement meurtrière et déforment le paysage. La route continue ensuite vers la côte ouest, et longe les Buller Gorge, où le débit de l'eau à certains endroits en fait un super spot pour le rafting. Et puis la West Coast s'offre enfin à nos yeux. Bordée par la mer de Tasmanie, elle offre une altenance de grandes plages de sables (noir, doré), criques, falaises déchiquetées,..., la nature dans toute sa splendeur! C'est à la fois hostile et superbe... Cette mer tasmane est souvent agitée et s'avère assez dangereuse, donc si les gens ( à l'exception des surfeurs bien-sûr!) délaissent un peu la baignade, il n'en va pas de même pour les phoques et autres bébettes du même style. Nous apercevons justement une colonie de Fur Seals à Tauranga Bay, près de Westport (deuxième plus grande ville de la côte ouest), braillant et grognant sur des rochers. Il y a quelques petits, tout mignons ;o)
La route est très photogénique, est lors d'un stop pour prendre une photo de la côte, deux locaux essayent d'entamer la conversation. Mais pas faciles à comprendre, ces oiseaux-là! Ce sont des Weka, un peu un mixte entre un poule et un kiwi. Ils ne sont vraiment pas craintifs.
Puis direction Punakaiki plus au sud pour s'étonner (ohhh :-O ) devant les Pancake Rocks, d'étranges formations rocheuses en grès je crois, érodées pendant plusieurs milliers d'années par l'océan. Un grondement annonce de temps en temps l'arrivée d'un "geyser" d'eau salé à travers des Blow Holes (cavités dans la roche, cf Albany, WA). Lorsque la mer est suffisemment agitée, l'eau peut jaillir à plusieurs mètres de haut. Et au loin, un tapis de brume commence à recouvrir légèrement la côte, rendant le paysage encore plus unique. Nous repartons enfin direction Hokitika, la beauté de ce paradis sauvage continue à révéler toute sa splendeur Monseigneur! Ce n'est pas pour rien que la route n°6 est l'une des plus belle au monde ! Le bitume longe la mer à droite, les pseudos palmiers et fougères géantes sur les flancs des collines à gauche, et le Soleil bas sur l'horizon inonde tout ça d'une lumière intense. C'est plus que magnifique. Mais cette vision restera dans ma ptite tête car je n'ai alors pas pas pu prendre de photo. Après un diner sous le ciel orangé de Greymouth, nous arrivons de nuit à Hokitika et nous nous posons au pifomètre dans un endroit qui semble calme pour y faire un gros dodo.
Eau verte émeraude, plages de sable doré, lagons dissimulés derrière une épaisse végétation, ilôts peuplés de phoques, je vous présente le Abel Tasman NP. Cet endroit est vraiment superbe, look at the pictures! Le parc s'étend sur 50km sur la côte et je pense qu'il faudrait plusieurs jours pour vraiment en profiter. Nous hésitons à louer un kayak, mais le prix de la location nous refroidi un peu, donc on utilisera nos jambes. Un bateau rapide (genre zodiac) nous emmène à toute berzing à quelques dizaines de kilomètres au nord du parc, jusqu'à Onetahuti Beach, avec au passage un ptit coucou à une colonie de phoques jouant les gros paresseux sur des rochers. Et quand ils en ont assez, ils vont faire trempette et se débrouillent plutôt pas mal en natation synchro. Et hop, on lève la patte droite, suivie d'une rotation à 360 degrés et on enchaine avec un magnifique levé de patte gauche. Ici Nelson Monfort, à vous les studios!
Nous marchons toute la journée sur des sentiers balisés serpentant sur des flancs de collines et ombragés par de grandes fougères arborescentes. La foreêt toute entière est une boite à musique. Par endroits, nous sommes obligés de traverser des lagons avec de l'eau au dessus de la taille, because of the high tide (marée-haute). Le courant est fort à certains endroits et on manque à plusieurs reprises de glisser dans des trous d'eau. Je ne pense pas que mon appareil photo aurait apprecié. Mais qu'est ce que c'est bô! L'eau n'est pas très froide et 15kms plus loin, décrassage en règle dans l'eau verte-turquoise de Torrent Bay. L'après-midi est vraiment vite passé. Le bateau taxi nous ramène à notre point de départ et nous ne tardons pas à nous remettre en route. En chemin pour aller vers la Golden Bay (au nord), nous nous arrêtons quelques instants aux Waikoropupu Springs, une importante source d'eau douce (la plus importante de NZ en fait), dont l'eau cristalline jaillisant d'une rivière souterraine est l'une des plus pure au monde. La visibilité dans cette eau peut atteindre 62m!! Par contre, on ne peut pas s'y baigner, d'une part parce que c'est un site sacré pour les maoris et d'autre part car il est interdit de toucher l'eau (afin d'éviter la propagation d'une algue nocive..). Et puis c'est vraiment fffrrrroid!
Lorsque nous arrivons dans la Golden Bay, il est assez tard et le ciel est très nuageux. Située à l'extremité ouest de l'ile du Sud, "il parait" que c'est un endroit fabuleaux et très reposant car les touristes délaissent ce coin (la route s'arrête ici). Mais le temps est vraiment moche, on n'y voit plus grand chose, donc nous redescendons de quelques kilometres vers le sud. Arrêt a Takaka (et pas de mauvais jeux de mots svp) dans un backpacker pour y passer la nuit. Ahhh, ça fait du bien....
Sau-va-ge. C'est le terme qui définirait le mieux l'île du Sud je pense. Elle héberge en effet la dernière tribu cannibale du monde, et les dents acérées de ces mangeurs d'hommes ont fait fuir plus d'un touriste. Ahahaha. Qu'est-ce que t'es drôle Florent. Bon ok, j'abandonne mon humour made in Vladimir Poutine :o( Je disais donc que cette île est sauvage, la nature ayant conservé ses droits dans de nombreux coins reculés et très difficiles d'accès: pas de routes, pas de chemins, mais juste ces rainforests impénétrables, ces montagnes abruptes et ces fjords inaccessibles, etc... Et même si des hordes de touristes en quête de dépaysement viennent troubler la séreinité de certains endroits (cf. Milford Sound), l'île reste un sanctuaire pour de nombreuses espèces animales et végétales. Il y a beaucoup de parcs nationaux, dont la réglementation interdit par exemple le camping sauvage ou de faire du feu, mais cela reste une nécessité car même si tout est beau tout est joli, tout est également très fragile et menacé (maladies + prédateurs importés d'autres pays). Du coup, les autorités s'emploient vraiment activement à préserver l'intégrité de ces richesses naturelles. Cela me rappelle d'ailleurs cet espèce de renifleur (un chien) qui s'était assis sur mon sac à dos à l'aéroport. Il avait dû renifler l'odeur d'un ancien sandwitch mangé depuis longtemps (paix à son âme). Donc ne venez pas en Nouvelle-Zélande avec de la nourriture car cela finira directement à la poubelle. Snif, adieu camembert et saucisson!
Le village de Picton où nous avons passé la nuit est plutot sympa, mais il n'y a pas grand chose à voir/faire. Son seul intérêt à mon avis est qu'il se trouve aux portes du Queen Charlotte Sound, un fjord avec des chemins de rando sympas. Enfin bref, on ne s'y attarde pas trop. Nous décidons de louer une voiture pour les 18 prochains jours, c'est une Toyota Corsa (mieux qu'une Lada il parait :-), certes ce n'est pas le dernier cri mais bon, du moment que ça roule... En fait, le bus reste le moyen de transport le plus rentable mais pour s'éloigner des sentiers battus ce n'est pas l'idéal. Nous voilà donc embarqués dans nos 2 dernières semaines chez les kiwis.
Trois litres et demi de pinard plus loin (façon de parler, hein!) nous arrivons à Nelson, la plus grosse ville (44000 hab) du sud de l'île. On reprend des forces (ou du gras) chez Mc Do, puis visite éclair de la Christ Church Cathedrale, d'architecture moderne bof, et de quelques maisons restaurées (1863) dans ce qui semble être la plus vieille rue préservée de NZ. Tiens, devinez ce que nous découvrons dans une petite bijouterie qui ne paye pas de mine? Le précieuuuux! L'anneau que Frodon (le hobbit) doit détruire dans la Montagne du Destin, cf le Seigneur des Anneaux. Ils en ont fabriqué une quarantaine d'exemplaires de différentes tailles pour le film, rien que ça. Mais qu'est-ce qu'ils en font de leurs 40 anneaux? Ils les mangent ou quoi?
Nelson, c'est aussi le centre géographique de la NZ; au sommet de Botanical Hills surplombant la ville, un repère indique cette particularité. Nous sommes allés à l'extrémite nord (Cap Reinga), au centre, il ne nous reste donc plus qu'à découvrir la pointe sud! Ce sera dans quelques jours... Avant de quitter la ville, on flâne dans le Founders Historic Park, la réplique d'un ancien village néozelandais du siècle dernier. Vieux moulin, vieille poste..., et puis cette odeur de pain frais qui s'échappe des fourneaux de la boulangerie. J'en ai encore l'estomac qui gargouille. Nous repartons ensuite direction le Abel Tasman National Park, et là, petit problème avec la voiture: impossible de remonter la fenêtre arrière. Un garagiste nous la répare au black pour une vingtaine de dollars. Enfin "répare" c'est un bien grand mot. Une vis, un boulon et morceau de bois, la fenêtre restera en place c'est sûr, mais on ne pourra plus l'ouvrir non plus. Selon lui il faudrait changer le moteur électrique, ben tiens, moi je suis sûr qu'il ne s'agit que d'un faux-contact. Bon, on verra ça plus tard.
Après un joli coucher de Soleil embrasant les nuages, on se pose à proximité du village côtier de Kaiterieri pour y passer la nuit. Une lueur dans le ciel vraiment étoilé: la comète est toujours visible...
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