Florent VétillartDown Under !
|
Joyeux Noel et Bonne Annee a tous et a toutes! Je vous souhaite beaucoup de bonheur pour cette annee 2008...
Je m'envole demain matin pour Brisbane, mais le vol etant assez tot, je pars a l'aeroport ce soir...bonne nuit en perspective ;-( Le boulot s'est superbement bien termine, l'avion nous a ramene a Exmouth jeudi dernier et une heure plus tard j'etais sur la route avec 2 australiens habitant Perth. 13 heures de voiture plus tard (arghhh, bon dieu qu'cest long), apres avoir supporte des temperatures infernales (clim hors-service), me voila de retour a mon point de depart. Plus d'un an deja que je n'avais pas foule le sol Perthien, je suis heureux....mais petit pincement au coeur quand-meme. Je me rappelle nos premiers pas avec Romain dans ce grand pays...great times! But time goes fast...
Perth, from Kings Park
J'aime cette ville,son ambience, son odeur (Snif ?Snif?) mais mon voyage ne s'arrete pas la . J'ai hate de quitter le mode de vie backpacker et reprendre mes etudes....
BISOUS a TOUS, et pensee toute particuliere pour ma soeur que j'adore
to be continued....
Bon d'accord, c'est un boulot facile, mais il y a des risques quand-même! On peut se faire manger (gratuitement) par les requins ! Héhéhé... Donc comme je vous le disais dans mon précédent message, je suis retourné bosser sur le bateau pour 3 semaines, les dernières que je passent en Western Australia avant de m'envoler pour l'Etat du Queensland. Bien entendu je n'écarte pas l'idée de retourner sur la côte Ouest plus tard, car c'est vraiment un endroit que j'adore. J'étais vraiment content de remonter dans l'avion, et mon estomac aussi d'ailleurs: il devait probablement se souvenir des bons traitements qui lui avaient été infligés (mince alors, je vais regrossir moi!).
Pouvez-vous apercevoir les bateaux?
Me voilà donc de retour au milieu de ces îles désertiques, où de gros poissons nous attendent impatiemment. Le boulot, rythmé par des pauses intempestives, est toujours aussi peinard et bien payé. Cette semaine le fiancé de Petra, Jamie, nous a rejoint. J'adore ce type, je l'avais rencontré au camping d'Exmouth et nous avions tout de suite sympathisé. D'ailleurs je pense que c'est avec eux et le couple de canadiens, Natacha et Donald, que je m'entends le mieux. Nous avons enfin rencontré l'un des propriétaires de la ferme perlière, venu d'Exmouth avec son propre bateau, Top Gun, pour ravitailler le House Boat en fuel, huile et différentes bricoles. Pas de ravitaillement en eau par contre, car des unités de désalinisation de l'eau de mer sont déjà installées à bord. C'est quand-même un comble, se trouver en plein océan et avoir accès à de l'eau douce d'excellente qualité (traitement pas osmose inverse)! Il y a également à bord des distributeurs d'eau refrigérée, très appréciable avec la chaleur qu'il fait. En ce qui concerne les poubelles, elles sont en général brûlées dans des bidons sur une berge flottante à l'écart du bateau. Faut juste faire attention à la direction du vent avant de les enflammer, sous peine de "parfumer" le bateau bien comme il faut. Nous avons eu un peu "d'animation" la première semaine, avec l'un des australiens se mettant à enfler et ne pouvant plus respirer: il était allergique aux coquillages, et venait d'en avaler un petit par accident! Cela c'est bien terminé, mais manque de bol cela lui est retombé dessus la semaine d'après lorsqu'il s'est fait piquer par une tentacule de méduse venimeuse...pas de chance, il est mort. Non j'déconne. Mais c'est vrai que l'on a eu un peu peur pour lui, et la deuxième fois nous avons été obligé de le placer sous oxygène.
Ah, je me sens comme chez moi ici! J'ai désormais ma propre cabine, ce qui me permet de travailler un peu le soir. C'est un peu la partie de la journée la moins marrante, mais bon. La pêche est toujours aussi miraculeuse, le dernier poisson en date est un Cobia de 1m17, mais il se débattait bien le bougre!
Lorsque l'on pêche au-dessus des massifs de corails, on a des chances d'attraper des Red Emperor ou des Coral Trout (truites des corails), probablement le meilleur poisson du coin. Elles ont des sacrées dents ces coquines, il faut vraiment faire gaffe à ses doigts. En fait le meilleur moyen d'en attraper des grosses et de sauter dans l'eau et d'essayer de les harponner, avec un fusil de chasse sous-marin. Je dis essayer, car croyez-moi ce n'est pas facile, elles sont assez peureuses (bon, je comprends qu'elles n'aient pas envie de finir dans nos assiettes, mais nous on a faim!). Les requins sont toujours aussi voraces en fin de journée. Un soir, alors que je pêchais avec un petit poisson en guise d'appât, un poisson d'une vingtaine de centimètres l'a attrapé, et alors que je le remontais à la surface, un second encore plus gros l'a dévoré. Je n'en croyais pas mes yeux, j'avais 3 poissons au bout de ma ligne! Mais attendez, ce n'est pas fini! Donc je continue à mouliner pour les remonter à la surface, et là, horreur, un requin que je n'avais pas vu venir a soudainement surgit et tout avalé. Et cassé ma ligne par la même occasion. J'ai donc eu un petit aperçu de la chaine alimentaire: la loi du plus gros est toujours la meilleure. Un autre soir, un des australiens qui bossait avec nous a attrapé (pendant 2 minutes lol) un très gros requin qui s'est mis à sauter entièrement hors de l'eau en se tortillonant dans tous les sens, avant de retomber lourdement dans de grosses éclaboussures. On se rend vraiment compte de la puissance qu'il avait dans la queue (le requin). En ce qui me concerne j'ai eu la chance d'en garder un assez longtemps, au bout d'une ligne très épaisse, car il se montrait assez docile. Il avait en effet l'hameçon planté dans le pif, une zone particulièrement sensible pour eux. Bon rassurez vous, cela peut paraître un peu cruel ce que j'écris, mais ils s'en sont tous sortis sains et saufs.
La deuxième semaine le ministre de la pêche de WA est venu faire un tour pour visiter la ferme en coup de vent (je crois d'ailleurs qu'il s'est contenté de la survoler en avion). Bref, les jours précédant son arrivée nous avons du nettoyer les bateaux de fond en comble, et même détacher à l'aide de racloirs les coquillages poussant sur la coque du navire. Au moins, cela changeait un peu de notre boulot habituel.
Scream 5: les serials killers sont de retour !
Facile de se perdre au milieu de ces îles! Si vous regardez dans Google Earth (tappez Monte Bello Islands), vous verrez qu'il y a de nombreuses plages ou criques. Les bateaux sont ancrés à cote de Alpha Island, l'île ayant reçu la plus grosse bombe atomique sur les 3 testées. J'ai vérifié hier devant un mirroir, je n'ai pas encore de troisième oreille ayant poussé dans mon dos, ouf! L'autre jour nous sommes partis en bateau avec Petra et Jamie pour aller nous baigner à côté d'une plage où de grosses tortues ont l'habitude de pondre leurs oeufs. Une vingtaine d'entre-elles se faisaient des calins dans l'eau et c'était génial de nager avec elles (il y avait également 2 dugongs). Cependant il faut vraiment être prudent pour ne pas se faire ...violer! Et oui, qui y aurait cru, mais ce genre d'accident est déjà arrivé! Je suis donc resté sagement à côté du bateau, prêt à me hisser hors de l'eau à la moindre tentative de...heu..ben vous voyez ;o). Non mais sérieusement, c'est vraiment dangereux car lorsque vous vous faites aggriper par une mastodonte de plusieurs centaintes de kilos, glou glou glou: vous passez vos derniers instants au fond de l'eau, bien accompagné, humhum. Par ailleurs, leur vue n'est pas très bonne, et plusieurs fois je me suis posé de grosses questions en voyant la cocotte nager vers moi, avant de se rendre compte au dernier moment que je n'étais pas l'une des leurs.
Tiens, cela me rappelle que quand j'étais à Exmouth, j'en avais aggripé une "petite" dans l'eau afin de me faire tracter, comme dans les films! En fait, cela avait plus ou moins marché, mais je pense qu'elle n'avait pas dû apprécier. Bon, j'avais tord. Et le tord tue.
La troisième semaine, c'était quasiment des vacances payées! Nous avons bossé jusqu'au 24, et fêté Noel le soir. L'avion a apporté toute une provision de vivres..et boissons. Seul le faux sapin sans odeur et les quelques guirlandes accrochées ça et là éveillaient en moi ce sentiment de fête traditionnelle de fin d'année. Mais cette fois, pas de bûche dans la cheminée ni de flocons virevoltant dans le ciel, pas de clémentines dans les pantoufles ni de cadeaux au pied du sapin, mais juste cette chaleur d'Australie et le bleu de l'Océan Indien. C'est mon deuxième Noel que je passe en terres australes....Nous avons joué au ping-pong, mangé de la dinde, dansé, bu et rigolé. C'était sympa. Les jours suivants, bodyboard (tracté à l'arrière des bateaux), baignade, farniente sur les plages, exploration d'une grotte truffée de chauve-souris, courses de bateaux (et ce n'est pas forcément les plus gros qui sont les plus rapides lol!), et bien évidemment pêche et snorkelling.
Dirk, Jamie, Petra, Natasha, Chelsea and me

Bon ça suffit, arretez de faire les clowns maintenant !
Justement, l'avant dernier jour nous sommes parti plonger dans la matinée avec Jamie, Natacha et Donald, histoire d'aller taquiner les poissons clowns et les clams géantes. Et puis il y avaient ces langoustes (crayfishs) qui, du bout de leurs antennes, nous narguaient. D'accord, nous décidons donc d'en attraper quelques unes, (assez petites malheureusement), en utilisant une technique conseillée par Jay, un des australiens: il s'agit d'agiter un morceau de tissu rouge (en l'occurence mon t-shirt) devant le trou de la langouste, dont seules les antennes dépassent. Cela est censé l'effrayer et la faire sortir...mais bon ça n'avait pas l'air de marcher. Enfin bref, je remonte à la surface et grimpe sur le bateau pour me reposer un peu, car c'est quand même assez fatiguant de plonger en apnée. Puis je retourne dans l'eau, tandis que les autres restent à bord pour se bronzer la pillule, bande de paresseux va. Je commence alors à replonger lorsque, du coin de l'oeil, j'aperçois une énorme masse sombre arrivant sur le côté!!! Mon sang s'est glacé, et j'ai eu le réflexe de remonter en surface et de grimper sur le bateau, avant de voir 2 secondes plus tard un ENORME requin passer lentement sous notre frêle embarcation. Les boules! Là je vous assure qu'on aurait pu entendre une mouche voler. C'était très probablement un Tiger Shark, et nous ne nous sommes pas sentis rassuré du tout, car le monstre était plus grand que le bateau. Ouf, comme je vous le disais, j'ai eu chaud! Remis de nos émotions, nous avons décidé d'écourter notre baignade dans ce lagon! Je regrette juste de ne pas avoir pris de photos de ce requin, le temps que je reprenne mes esprits et il n'était déjà plus là.
Jamie & Me: pas facile à décortiquer ces ptites crayfish!
Jeudi 27, après 3 semaines passées sur l'océan, l'avion me ramène à terre. Je suis quand-même un peu nostalgique, car je quitte un boulot et des personnes que j'aimais bien. Dernière vue depuis le ciel, sur les grandes antennes de la base navale, et sur la Navy Pier, une longue jettée au bout de laquelle l'on peut faire des sorties plongée (c'est assez cher quand-même). J'aperçois également le camping dans lequel j'étais resté une semaine avec les allemands et le couple australien. D'en haut, on se rend vraiment compte à quel point les paysages sont secs et arides: la pluie ne tombe pas souvent ici. J'ai une bonne surprise en allant à la poste: mon appareil photo, commandé depuis plusieurs semaines sur internet (en remplacement de mon ancien, mort), viens d'arriver. Ah là là, c'est un peu tard quand-même, mais bon, cela fait toujours plaisir. D'ailleurs c'est mon cadeau de Noel ;o) Merci Père Noel, enfin Papa et Maman!
Tiens Romain, devine ce que j'ai revu à Exmouth?.... le bus de Red Earth Safari, que nous avions pris il y a 1 an! Cela me rappelle de bons, d'excellents souvenirs même! Par contre je n'ai pas revu le pingouin, pardon, Terry ;o)
La famille d'émus faisant la queue pour boire devant un maigre filet d'eau, la baleine échouée éparpillant son odeur insoutenable (cf photo) ou les perroquets blancs crillards sonorisant les rues, tout ça c'est déjà du passé. Voila, je quitte Exmouth en fin de matinée avec 2 australiens qui bossaient avec moi, direction... Perth mon capitaine! Et la route est longuuueee. L'eau du radiateur ne tarde pas à bouillir et nous devons nous arrêter pour la changer.
Ramsey aux ptits soins pour sa voiture ;o)
Les 4 premières heures étaient vraiment insupportables. La clim étant inutilisable, nous avons ouvert les fenêtres pour avoir un peu d'air, mais j'avais l'impression d'avoir en face de moi un énorme sèche-cheveux soufflant de l'air brulant sur ma figure. Honnêtement, j'ai eu plusieurs fois l'impression de tomber dans les pommes, et je ne cessais de boire d'énormes quantités d'eau et de m'asperger la tête. Je crois que je n'ai jamais eu aussi chaud de toute ma vie. A un moment la voiture a traversé un Willy-willies, ces puissants tourbillons de poussières fréquemment rencontrés dans l'Outback, et comme dirait Johnny....ça secue!

Willy-willies
Après de longues heures de route nous arrivons à Geraldton et nous en profitons pour changer un pneu qui venait de crever. Les lumières de Perth apparaissent bien plus tard : il est 2heure du mat, nous venons de parcourir 1200 kilomètres d'une traite...
Atomic Islands
C'est le surnom que j'ai donné aux Monte Bello Islands, un archipel d'îles situé à environ 100kms de la côte ouest, au large de Karratha. Et pour cause, les anglais y conduisirent dans les années 50 des tests d'armes nucléaires, 3 bombes au total. Et c'est ici que je travaille ! Rassurez-vous, le niveau de radiation est aujourd'hui très faible, encore plus faible même que la ville d'Exmouth ! La faute à qui ? Probablement à ces grandes antennes de la Navy servant de transmissions dans les communications sous-marins/satellites (américains et australiens), installées à seulement quelques kilomètres du village. Comme je vous le disais dans mon dernier post, j'ai été assez chanceux de trouver ce boulot très rapidement, avec $10 dollars restants en poche ça commençait à être un peu tendu !
Rendez-vous le jeudi midi sur l'aérodrome de la compagnie, à quelques kilomètres au sud d'Exmouth. Lyndsey et Thjis (le couple d'hollandais) ont été très sympas de m'y déposer et j'espère vraiment pouvoir les revoir un de ces quatre, ils étaient vraiment supers. Je crois qu'ils ont décidé de rester 1 semaine supplémentaire sur Exmouth (Thjis travaille en tant que serveur dans un hôtel-resto), puis commencer à descendre la côte Ouest vers Perth. Good luck to you guys !
Nous sommes 9 avec le pilote à bord d'un petit hydravion, s'apprêtant à quitter la petite piste d'envol. On était censé avoir 10kilos max de bagage par personne, je devais en avoir 30 ! Le pilote s'est mis à rigoler quand il a vu tous mes bagages : gros et petit sac à dos, tente, sac supplémentaire, chaise pliante, matelas gonflable, canne à pêche, du coup j'en ai laissé la plus grande partie dans le hangar. Je n'aurais pas voulu être tenu responsable du crash de l'appareil à cause de mon surplus d'affaires lol ! Vu du ciel, on se rend bien compte de la taille d'Exmouth : pitit pitit. Il faut dire qu'il n'y a que 2500 habitants et des bananes (ou plutôt des émeus) vivant là. Le récif est sublime et l'heure de vol nécessaire pour rejoindre le bateau passe très vite. Dire qu'en d'autres circonstances j'aurais du payer plusieurs centaines de dollars pour un vol comme ça ! J'ai aperçu une baleine, à l'extérieur de la barrière de corail, là où la mer abandonne sa couleur turquoise pour un bleu plus profond. C'était sublime. L'avion passe ensuite à proximité de Barrow Island, une grande île surnommée les Galápagos australiennes à cause de la présence de nombreuses espèces animales rares mais menacées d'extinction. Cependant, des compagnies énergétiques (notamment Shell) qui exploitent les ressources gazifières de la région, ont récemment reçu l'autorisation d'y implanter des infrastructures. L'île est donc sur le point de devenir un immense centre de stockage/(transformation ?) de gaz naturel, l'habitat écologique de l'île est mal barré.
Le fond océanique redevient très peu profond et nous commençons à survoler les lagons turquoises s'étirant au milieu de l'archipel...trop beau ! L'avion ne vole pas très haut et on peut apercevoir des grandes raies « planant » sous l'eau. L'amerrissage se fait ensuite toute en douceur dans le lagon ou est encré Faraday Pearl II, le « house boat », en gros le bateau sur lequel nous allons vivre.
Je m'attendais à un vieux rafiot tout pourri, mais alors là j'ai été plus qu'agréablement surpris. Si de l'extérieur il ne paye pas de mine, l'intérieur est très moderne. Nous sommes 2 par cabine (je la partage avec Dirk, un backpacker allemand), avec clim, douche, toilette, bureau etc.. trop bien. Le bateau possède 3 niveaux : le premier, ou plutôt sous-sol, est occupé par les moteurs, générateurs et différents réservoirs (eau, essence), le second accueille des cabines, la laverie, et la cuisine (important ça la cuisine !) et le coin repas (tables + bancs).Le troisième étage reçoit d'autres cabines, la mienne entre autre, le bureau du « capitaine », et une salle plus ou moins cinéma (on a même le satellite ;-) avec des poufs pour s'affaler comme un loukoum, et un balcon au dessus de l'eau. Il y a également un escalier pour aller sur le toit.
Un deuxième « bateau maison » un peu plus petit est amarré à Faraday Pearl 2, mais il n'est utilisé que lorsque l'équipage est plus important (nous ne sommes que 14). Egalement amarrés à notre bateau se trouve le bateau-atelier, un espèce d'hangar flottant servant d'atelier pour le technicien et de lieu de stockage pour tout et n'importe quoi. C'est là en autres que l'on y stocke le matériel de pêche, plongée, etc.. Il y a même un congélateur servant uniquement pour le stockage des poissons et des appâts ;-) J'ai cru rêver quand Wade, le capitaine (qui n'a que 24 ans), m'a montré un des frigos de la cuisine en me disant : tu vois, dans ce frigo tu peux manger ce que tu veux quand tu veux. Et il y avait un bon gros poulet. Cela peut vous paraitre risible, mais cela faisait plus d'une semaine que je mangeais pâtes-riz-noodles à chaque repas et je commençais vraiment à en avoir marre ! Le poulet n'a pas eu le temps de dire ouf : hop, directement dans l'estomac, et les restes jettés par-dessus bord n'ont pas fait long feux eux non plus. Avalés par de gros poissons.
Comment reconnaitre un bon boulot ? Facile, il suffit de regarder la proportion locaux/backpackers : la plupart des gens bossant sur ce bateau sont australiens, bon signe donc.
Alors Florent, mal de mer ou pas ? Eh non ! Car le bateau est encré dans une baie complètement protégée des humeurs du grand large par plusieurs petites îles. Les grandes vagues se formant à la rencontre du récif finissent en petit clapotis à notre hauteur...et le bateau ne tangue quasiment pas.
En quoi consiste le boulot ? Ben, en pas grand-chose en fait, hihihi, bon j'exagère un peu, mais c'est vrai que les journées passent plutôt vite. Levés le matin à 5h30 (ah oui là c'est un peu tôt quand-même), on enchaine avec un bon ptit déj. Il y a de tout : fruits, yoghourts, gâteaux, lait, café, céréales, jus de fruit, oeufs, bacons, pan cakes, blablabla.. Je n'étais plus trop habitué à autant de luxe ! Nous partons à 6h30 pétantes par équipes de 3 (ou 4), à bord de jets : Fast 1, 2, 3 et Gulf Warrior sont quatre catamarans d'une quinzaine de mètres propulsés par jet, indispensable car certains endroits sont très peu profonds à marée basse. La semaine dernière nous sommes d'ailleurs restes bloqués près d'1 heure au milieu d'un lagon sur un banc de sable.
Les paniers accueillant de 6 à 8 huitres perlières sont suspendus chacun par environ 1 mètre de cordelette à une grosse corde horizontale de plusieurs dizaines de mètres de long. Un peu comme une ligne d'eau dans une piscine, à la différence près que la ligne est encrée au fond. Des flotteurs permettent de la maintenir à la surface. On bosse avec une panoplie gants/tabliers/bottes, pas très sexy mais bien pratique. Les premiers jours nous avons nettoyé des lignes sans paniers, probablement laissées à l'abandon depuis plusieurs mois car vraiment très sales (algues, coquillages). D'ailleurs une des algues, fire-weed (ou un truc du genre) produit la même sensation de brûlure que les orties, pas très agréable donc. Puis nous avons continué avec le nettoyage des huitres. Mais dis-donc coco comment ça marche ?
Le skipper (le « chauffeur » quoi) approche le bateau assez près de la ligne (=corde), puis une personne lance un grappin pour l'agripper (la ligne, pas le skipper !) et à l'aide d'un winch, hisse la corde à notre hauteur. Le courant rend parfois l'opération assez difficile. On dépose ensuite la ligne sur des sortes de roues, une à l'avant, une à l'arrière du bateau, qui permettront de faire avancer le bateau le long de la corde. Bon, n'hésitez pas à m'arrêter si mes explications ne sont pas claires. Tiens, sur la photo ci-dessous (oh la la, c'est vrai qu'on travaille dur, je crois qu'on était en train de pêcher !), vous pouvez apercevoir la ligne en arrière plan sur le côté droit (tribord) du bateau.
Au passage, je travaillais la première semaine à bord de Fast 2, avec Ricardo (skipper), Dirk et Isaac. On ne retire les huitres des paniers uniquement que si elles sont mortes pour en mettre de nouvelles. Quant aux perles on les récupère mais, euh... nous ne sommes pas censés les garder, héhé : une belle perle (bien nacrée) coute entre quelques centaines à plusieurs milliers de dollars! Oh là, je crois que je vais avoir plein d'amis et un bon de commande très important incessamment sous peu ! Bon plus sérieusement, la plupart des perles que nous avons récupéré dans les huitres mortes n'était pas encore bien nacrées.
En fait et si vous ne le saviez pas, la probabilité de trouver à l'état naturel une perle dans une huitre et d'1 chance sur plusieurs milliers. Mais l'être humain n'est pas si bête non non (je ne pense pas qu'un chimpanzé y aurait pensé), et il a augmenté cette probabilité à 100 %. En effet, une boule de plastique (de taille variable selon celle de l'huitre) est introduite dans le coquillage, et l'huitre va l'enrober de nacre pour se protéger. Il faut à peu près 2 ans pour obtenir une belle perle. Par contre msieurs dames, si vous découvrez une grosse perle «naturelle», c'est-à-dire formée autour d'une saleté (grain de sable..) et non d'un morceau de plastique, elle peut valoir jusqu'à plusieurs millions de dollars.
La machine que vous pouvez apercevoir au milieu du bateau sert à faire un premier nettoyage grossier des paniers. En gros, une personne dépose les paniers sur un treillis roulant à l'avant de la machine, puis ils ressortent à l'arrière plus ou moins bien débarrassés des saletés (algues, corail) qui poussent dessus. Ensuite à l'aide d'un racloir, on enlève les petits coquillages parasites poussant sur les huitres, sans pour autant les retirer du panier. Apres, zouhh, back in the water, et on enchaine avec le panier suivant. Il y a en général 100 paniers par ligne, et nous sommes censés nettoyer 6 ou 7 lignes par jour, c'est-à-dire pas grand-chose.
Faire ce boulot là 8 heures durant serait sans doute très casse-pied, mais ici on est en Australie, mate ! No worries, prends ton temps le boss n'est pas là. Ah bon ben si c'est le skipper qui dit ça alors!Ils sont loin d'être stressés ces australiens. Tout d'abord, il est rare que nous bossions à proximité du house boat, les lignes se trouvant parfois assez loin dans d'autres baies. Du coup, le temps que nous passons pour y aller est toujours ça en moins sur le temps de travail. Ensuite, à chaque fois qu'une ligne est finie, on prend 5 à 10 minutes de pauseJ. Par ailleurs, nous avons un smoko (=pause café/sandwich) d'une demi-heure à 9h, puis la pause repas d'une demi-heure également à midi, et nous sommes censés finir de bosser à 16h. C'est marrant mais je crois que le plus tard qu'on ait finit était 15h30. En général, c'est plutôt du 15h voire 14h! Et lorsqu'on contacte Wade (capitaine) par radio pour lui dire que l'on a terminé plus tôt et lui demander si il y a d'autres choses à faire : pas de soucis les gars, journée finie : enjoy ! Bon parfois il nous demande de faire 3 bricoles mais c'est bouclé en 10 minutes. Je crois en fait que ça arrange tout le monde de ne pas se stresser. Cela serait sans doute différent si les patrons étaient à bord (d'ailleurs je ne sais même pas qui sont les patrons, je crois que ce sont des associés possédant plusieurs compagnies et vivant sur Perth).
Autre type de boulot effectué : l'avion apporte des frigos dans lesquels sont conservées des bébés huitres, placées sur des lattes en bois. On attache ces dernières dans des paniers vides que l'on recouvre ensuite d'un filet (les mêmes que ceux que l'on a sur la tête pour se protéger des mouches !).
Sans trop tarder, pour éviter que les jeunes huitres ne sèchent, les paniers sont remis dans l'eau et attachés sur la ligne. Pas trop compliqué !
Dernières choses à faire avant de débaucher: nettoyer le bateau à l'aide de tuyaux d'arrosage, vérifier les niveaux d'huile et d'essence, couper l'alimentation des batteries et fermer différentes vannes dans les cales. Par ailleurs, le jeudi est « journée maintenance » : on ne part en général pas en mer et nettoyons juste notre bateau et ses 3 moteurs de fond en comble : graissage, remplissage, nettoyage, revissage, etc... c'est vraiment facile et pépère.
Fast 4 est utilisé la plupart du temps par les plongeurs dont le rôle est de ré-ancrer les lignes détachées, récupérer les paniers ou huitres perdus, etc., maintenance sous-marine quoi.
De retour sur le house boat, nous avons un deuxième smoko (apéritifs, fromages, gâteaux..) qui nous attend à 16h. Le « remplissage » suivant est à 18h30 pour le diner : trop bon ! Chelsea, la cuisinière, prépare pas mal de choses à chaque fois : viandes, poissons, crevettes, légumes, féculents, desserts, etc... on se croirait dans un bon resto. Je pense que la compagnie dépense vraiment pas mal d'argent dans la bouffe. Personnellement j'ai l'impression de passer mes journées à manger ! Heureusement nous avons quelques appareils de muscu à dispositionJ. Ah oui également, nos cabines sont nettoyées tous les jours, ainsi que notre linge, par Petra, une australienne vraiment très sympa.
Ce que j'apprécie beaucoup dans ce job est d'avoir pas mal de temps libre : le soleil se couchant aux alentours de 7h30- 8h, nous avons plusieurs heures devant nous (après avoir débauché) pour aller pécher, plonger autour des massifs de corail, bronzer sur une plage (radioactive! Cf photo) ou faire du bodyboard (tracté à l'arrière des jets), bien fun. On est en effet autorisés à emprunter des hors bords, ou parfois les jets si nous sommes plus nombreux. Tiens en ce qui concerne la pêche c'est assez amazing : les poissons sont tellement gros qu'il faut vraiment une ligne très costaud, surtout si l'on pêche depuis le house boat. Il y a en effet tout un tas de Lemon Sharks, bien contents de casser les lignes et de récupérer de beaux piercings. Cela arrive tellement souvent que je suis sûr que certains requins ont une dizaine d'hameçons logés dans la gueule. Le spécimen ci-dessous devait faire à peu près ma taille; même si l'image n'est pas de très bonne qualité on peut voir quelques poissons suceurs qui restent fidèles à leur maimaitre. Mais il a cassé ma ligne lui aussi, c'est puissant ces bêtes là. Autant dans la journée je n'ai pas de problème pour aller me baigner, autant lorsque le soleil se couche je ne mettrai pas un seul de mes orteil dans l'eau. Il y a vraiment beaucoup de requins.
Tiens tant que j'y pense, il y a apparemment un énorme mérou (1m80) qui vit sous le bateau (cf. photo), et les plongeurs s'amusent à le nourrir, c'est un peu comme leur chien. Mais lorsque la saison des cyclones approche il part se réfugier ailleurs, et ne revient que quelques mois plus tard. Heu, il se trouve que monsieur poisson a déserté les lieux donc, euhh... les cyclones ne devraient pas trop tarder. On aura donc peut être la chance de vivre l'enfer d'un cyclone ! Non je plaisante, lorsqu'un cyclone approche (on le sait 24h à l'avance), l'avion vient nous chercher, et les différents bateaux (à l'exception du house boat) sont encrés en lieu sûr. Pourtant je crois qu'ils ont déjà perdu plusieurs bateaux les années précédentes.
Pour rester dans le registre pêche, il y a également pas mal de grosses langoustes, mais quand je dis grosses c'est vraiment grosses. Je ne sais pas si ce sont les tests nucléaires qui les ont fait pousser comme ça, mais certaines sont vraiment impressionnantes. Il faut des gants pour les attraper car leurs têtes sont recouvertes d'excroissances pointues. Mais elles n'ont pas de pinces, c'est toujours ça. J'ai du relâcher celle que j'avais attrapé car elle était trop petite. Mouais si on veut, mais elle faisait quand-même bien la taille de mon bras avec les antennes ;-( Ci-dessous une photo prise par Monte Bello Safari, une compagnie charter qui vient nous dire bonjour de temps en temps.

Lorsque nous partons faire de la plongée (snorkelling) il est important de se méfier de certaines bébêtes style poisson pierre, serpent marin, Tiger Shark (...) et Blue Octopus, une petite pieuvre bleue très dangereuse (arrêt cardiaque en quelques minutes), qui a le chic pour se loger dans des coquillages morts. Donc pas question de lécher les coquillages ramassés (on ne sait jamais), les mettre dans son slip, dormir avec, écouter la mer (pas de doute elle est bien là ). En gros se méfier des coquillages morts et de ceux encore vivants avec des superbes couleurs qui flashent (attrayant = danger). J'ai été en fait assez surpris de voir la profusion de corail et de vie animale dans cet archipel : c'est vrai que 50 ans après les événements nucléaires, je ne pensais pas que la nature aurait reprit ses droits si vite. Le matin lorsque nous prenons notre petit déj, il y a souvent des dauphins nageant autour du bateau, et dans la journée on aperçoit des quantités de tortues marines grignotant les algues attachées aux lignes. J'en ai même recueillit une, un bébé, pas plus grand que la paume de ma main, trop mignon ! Un soir alors que nous pêchions, une énorme raie Manta s'est mise à sauter hors de l'eau, c'était assez impressionnant.
En ce qui concerne la météo nous sommes assez chanceux. Alors qu'à Exmouth les températures atteignent parfois plus de 40 degrés (46 degrés la semaine passée), la brise marine, quasi-constante et d'intensité variable tempère la chaleur. Du coup c'est tout à fait supportable, il ne fait pas trop chaud, et nous avons la chance de pouvoir travailler à l'ombre sur le bateau. Inconvénient cependant: lorsque le vent souffle de la côte il apporte pas mal de mouches. Put*** : a plus de 100kms des côtes elles sont toujours là ces biiiiiippp. (ah, j'ai été censuré.). J'ai été cependant assez content de retourner à Exmouth cette semaine, car mes mains commençaient à souffrir un peu. Je ne sais pas si c'est le fait de porter des gants, mais j'ai les doigts assez esquintés. De plus, je bossais la deuxième semaine avec une autre équipe, et j'ai eu pas mal de mal à supporter le skipper, un gamin de 19 ans ne connaissant pas le respect et se croyant tout permis. Heureusement ça allait un peu mieux à la fin.
Bref, cela fait une semaine que je suis de retour sur le plancher des vaches, passant la plus grande partie de mon temps à m'occuper de détails administratifs. Je compte en effet m'inscrire dans un master à l'University of Queensland, à Brisbane, et les cours commencent fin février. Je reste cependant réaliste car je sais que je n'ai pas beaucoup de chances d'être accepté. Ils préfèrent en effet que les étudiants aient 2 ans d'expérience professionnelle en pré-requis, mais on ne sait jamais. Je suis également en train de déposer une inscription à l'université pour 5 semaines de cours d'anglais, afin de préparer le test d'anglais IELTS qui aura lieu le 2 février. Au passage, merci Papa et Maman pour votre aide ;-). Ces cours commencent le 7 janvier donc il faudrait que j'arrive à Brisbane début janvier. Cependant tout n'est pas réglé, et me retrouver sur un bateau sans accès internet ne va pas me faciliter les tâches.
Donc (presque) finit la plongée, la pêche et la télé après le boulot! Place à l'anglais maintenant ! Je retourne sur les Monte Bello Islands aujourd'hui pour 3 semaines, ce qui veut dire que je passerai Noël en plein Océan Indien ! Original...mais ça m'aurait fait plaisir de le faire en famille. En tout cas ca va faire du bien de redormir dans un bon lit, car pieuter sous une tente avec un matelas pourri n'est pas forcement très reposant.
Allez, à bientôt tout le monde !
Note: 4,4/5 - 74 vote(s).
Powered by
Kikooboo.com
(Carnet de voyage / blog gratuit et Assistant de voyage)