19-07-2008

Permalink Pays: Australie

Fraser Island

"Take nothing but pictures, leave nothing but footprints"...

Batjala K'Gari est longue, très longue même. Mieux connue sous le nom de Fraser Island, ses 120 kilomètres de long en font la plus grande île de sable au monde. Pourtant, la majorité de sa surface est recouverte de forêts humides, d'où émergent par endroit des dunes de sable (sandblows) qui se déplacent lentement au gré des vents. Plus de 200 lacs d'eau douce parsèment cette gigantesque langue de sable, un éventail de poches d'eau aux couleurs variées: turquoise, verte, orange, marron...

L'histoire contemporaine de Fraser remonte à 1836, quand le capitaine James Fraser échoua son navire, le Stirling Castle, au nord de l'île. L'équipage ne dû sont salut qu'à l'aide de la tribu Aborigène locale qui accueillit les rescapés jusqu'à la venue d'un autre bateau. Ces Aborigènes, les Butchulla, occupaient l'île depuis environ 5000 ans. Dans les années qui suivirent, les Australiens entreprirent le déboisement de pans entiers de la forêt pour exploiter un arbre exceptionnellement résistant à l'eau, le turpentine. Des carrières de sable virent également le jour, venant balafrer la surface de cette magnifique île sablonneuse. Les Aborigènes, eux, furent déportés dans des missions sur le continent. Heureusement, les mentalités évoluèrent et Fraser Island devint partie intégrante du Great Sandy National Park, puis fut classée au Patrimoine Mondial de l'Humanité en 1992.

Pour se déplacer sur l'île, le 4WD (= 4x4) est indispensable car il n'y a pas la moindre route. Plusieurs backpackers à Hervey Bay proposent justement des "self drive tours" de 3 jours, entendez par là qu'ils mettent à notre disposition des gros 4x4, à savoir des Toyota Landcruiser, chacun pouvant accueillir une dizaine de personnes. Libre ensuite à nous d'aller explorer l'île comme bon nous semble et de gérer notre temps. Enfin ce n'est pas tout à fait vrai car les plages étant les principales voies de circulation, il faut tenir compte des marées, véritables pièges à retardement. Nous partagerons la voiture avec 9 autres backpakers: un couple de finlandais, un couple d'anglais, une allemande, 3 méxicain(ne)s et une anglaise. Très sympa. Petit briefing dans la matinée concernant la conduite en 4x4 et les pièges à éviter, l'attitude à avoir sur l'île (ne pas nourrir les animaux, ne pas jeter ses poubelles, etc...), et également le comportement à adopter vis-à-vis des dingoes.

 

Contrairement à leurs cousins de l'Outback assez craintifs, l'agressivité croissante de ces chiens sauvages est le résultat de trop de laxisme envers les touristes qui les nourrissent et les harcèlent depuis des années. Donc le gouvernement du Queensland a décidé d'attaquer le problème à la racine: sensibiliser les gens mais également verbaliser tout personne surprise en train de nourrir un dingo. C'est une mesure assez radicale, surtout lorsque l'on voit que les amendes peuvent atteindre $3000, mais toutefois plus intelligente que celle adoptée dans le passé, lorsque plusieurs dizaines de dingoes furent abattus en réponse aux attaques.

Nous chargeons le matériel de camping, la nourriture et les sacs sur le toit, puis une demi-heure de traversée en ferry plus tard nous débarquons sur la cote Est de l'île, à Kingfisher Bay. Nous rejoignons les plages à l'ouest par une piste qui traverse la forêt (gare aux secousses!), le lac Wabby sera notre première étape. Les eaux vertes du lac sont bordées d'une forêt d'eucalyptus percée par une imposante dune de sable. L'eau, elle, n'est pas si chaude que ça c'est vrai, mais cela fait du bien de se rafraîchir en compagnie de gros-poissons chats. Les lacs d'eau douce sont d'ailleurs les seuls endroits où il est recommandé (autorisé?) de se baigner, car un grand nombre de requins tigres (Tiger Shark) infestent les eaux océaniques qui baignent les plages de Fraser Island. Nous avons un planning à tenir pour ne pas rester bloqués par la marée, donc nous reprenons la route, pardon...la plage, et allons faire trempette un peu plus au nord à Eli Creek. L'eau de cette source, d'une transparence incroyable, est probablement de très bonne qualité car le sable de l'île est un véritable filtre géant. Le grand jeu ici consiste à remonter le ruisseau en amont, puis à se laisser flotter et ramener vers la plage par son courant.

A quelques kilomètres de là, la sinistre épave rouillée du S.S Maheno observe les allées et venues des touristes depuis 1935.

 

Ce bateau de luxe construit en 1905 et qui servit par la suite d'hôpital flottant durant la première guerre mondiale fut pris dans un violent cyclone et s'échoua sur l'île. Il ne finit donc pas dans un chantier de démantèlement japonais comme ce qui avait été planifié. Au moins, il ne sera pas oublié ce bateau!

Nous arrivons à notre campement en fin de journée, à Dundubara. Le temps de monter les 3 tentes et de préparer le barbecue, il fait déjà nuit noire. Une pièce de $2 donne accès à environ 5min d'eau chaude dans les douches, cela fait plaisir aux filles. La soirée se terminera sur la plage, en compagnie de heu...sais plus je n'avais pas les idées très claires.

Le lendemain nous partons de bonne heure, encore une fois pour échapper à la marée haute, et roulons vers le nord jusqu'à Indian Head. La limitation de vitesse sur la plage est fixée à 80km/h ce qui me semble largement suffisant. A cette vitesse, le moindre petit coup de volant un peu trop sec et c'est les tonneaux assurés. En général, il vaut mieux rouler sur le sable humide qui est nettement plus stable, tout en faisant attention aux creux et embouchures de ruisseaux dissimulés. Petite frayeur lorsque l'allemande s'est mise à conduire, ... D'ailleurs elle a réussi à vraiment bien embourber le 4x4. Indian Head, c'est un promontoire rocheux (un peu curieux de trouver ça sur une île de sable) offrant un point de vu magnifique sur l'île et l'océan. Baleines, requins, dauphins, tortues, raies....tout est tellement plus facile à apercevoir du haut de ces falaises. Les baleines ont alors entamé un concours de saut en hauteur, mais elles étaient assez loin et je n'arrivais jamais à les prendre en photo au bon moment/endroit.

Champagne Pools se trouve non loin de là. But bloody hell, combien de "champagne pools" ont-ils donc en Australie?? Les Australiens manquent un peu d'imagination parfois... Enfin bref, c'est ici le seul endroit de l'île où il est possible de se baigner dans l'eau salée sans risque de croiser un requin.

 

Les vagues viennent se fracasser contre les rochers de cette piscine naturelle et l'écume y jaillit généreusement. C'est bien cool. Pour nous débarrasser du sel, nous décidons de retourner nous "rincer" dans l'eau limpide d'Eli Creek....avant d'aller faire les braves dans les vagues du Pacifique. Qu'est-ce qu'il ne faut pas faire pour paraître courageux aux yeux des filles! Comment ça stupide ? :o)

Si les plages servent de routes pour les voitures, elles tiennent également le rôle de pistes d'atterrissage pour les avions transportant les touristes fortunés. En gros, il faut toujours regarder dans son rétro si un avion ne s'apprête pas à vous atterrir dessus, et laisser la priorité aux coucous qui décollent. Original. Nous retournons au camp dans la soirée, un dingo affamé nous attends. Allez ouste, à la niche le chien!

Le lendemain, nous chargeons la voiture et quittons le campement. Petit arrêt aux Pinnacles, des falaises de sable coloré, puis nous poursuivons notre dernier jour de safari jusqu'aux lacs Boomanjin et Birrabeen, respectivement orange et turquoise. Le plus beau lac de l'île est probablement le lac McKensie: son eau turquoise et sable blanc est un vrai rêve de carte postale. Oui, mais justement pour nous cela ne sera pas aussi incroyable que les photos que l'on peut admirer sur les étalages de cartes postales: le ciel s'est soudainement couvert de gros nuages.

 

L'eau, qui ne parait plus si turquoise que cela, reste quand-même archi-super transparente et pure, on peut la boire. Curieusement, les gens (ou devrais-je dire la gente féminine!) utilisent souvent ce sable blanc, composé de silice pure, pour s'exfolier la peau et se brosser les dents!! Un vrai salon de beauté. Comme la plupart des lacs de Fraser Island, le lac McKensie est un lac dit "perché" car ses eaux se sont accumulées au fil des précipitations sur une couche de sable (et de matière organique) compacte et imperméable. Mais le vent qui sculpte les dunes de sable aura tôt fait de faire disparaître ces magnifiques poches d'eau. Les dunes avançant à une vitesse de 2 à 3 mètres par an, certains lacs disparaîtront bientôt, d'autres se formeront...

Il est temps de quitter l'île. Nous avons passé 3 jours extras, chanceux d'être tombés sur des gens très sympa. Le Soleil entame sa descente éblouissante, le ferry glisse sur les eaux calmes de la baie.... C'est mon dernier jour de vacances, vacances dont j'ai profité à 200%. Ce soir, dernière soirée dans un backpacker avec ceux qui nous ont accompagné pendant ces 3 jours.

de gauche à droite: Edgar, Abi, Katri, Greg, Christiane, Gaby, Alma, Catherine, Henri, Mark, moi

Greg et moi partons très tôt le lendemain car le van doit être rendu à Brisbane avant 11 heures. Une fois de plus, c'est plusieurs milliers de kilomètres qui viennent de s'ajouter au compteur de mes aventures australiennes. Je vous le disais, ce pays est vraiment vaste...

Thanks Greg for being both such a great travelmate and a good driver! I wish you all the best... Et bien-sûr, un énorme merci à tous ceux qui m'ont aidé à payer ces vacances, c'était un super cadeau d'anniversaire! Merci!!!

16-07-2008

Permalink Pays: Australie

Town of 1770

Mackay, Marlborough, Rockhampton...nous ne faisons que rouler depuis que nous avons quitté Airlie Beach. La route est longue, entrecoupée de quelques arrêts pour assouvir nos besoins les plus primitifs: boire, manger, dormir. A ce propos, nous avons testé un fruit tropical acheté quelques jours auparavant, un Black Sapote. Pouahhh, c'était une horreur! Amer et ultra-épicé, c'est le fruit idéal pour empoisonner le chat du voisin. La patronne d'un café dans lequel on s'était arrêté a goûté et nous a enchaîné une série de jolies grimaces. Elle aurait peut-être pu gagner un concours. Et le fruit ne se contente pas de vous faire pleurer, il colore votre langue en jaune aussi. Sympa. Après quelques recherches, il semblerait qu'il n'était tout simplement pas mûr: également appelé the Chocolate Pudding Fruit, vous pouvez imaginer le goût que cela devrait normalement avoir.

Block Sapate, euh...Black Sapote

On commence vraiment à la connaître cette Bruce Highway, 1700 kilomètres reliant Brisbane à Cairns. Les champs de canne à sucre verdissent toujours le paysage, et des réseaux de mini-voies de chemin de fer parcourues par des minuscules trains assurent le transport de la plante sucrée fraîchement récoltée vers les raffineries. Et ça fume et ça fume...

En gros, une journée sans intérêt le long de cette Capricorn Coast (car nous sommes au niveau du Tropique du Capricorne) et qui se terminera à Gladstone. C'est ici que les minerais de bauxite provenant du Cape York sont transformés en aluminium puis exportés à bord d'énormes cargos.

Le lendemain, détour vers un petit village de bord de mer au nom assez original: Town of 1770. Les kangourous y virent débarquer en mai 1770 la célèbre frégate anglaise, l'Endeavour, commandé par son capitaine James Cook dont je vous avais parlé précédemment. Certains de ses descendants ont peut-être du rester là et se sont fait pousser les cheveux, les fausses dents de requins et les planches de surfs. C'est notamment d'ici que l'on peut partir faire de la plongée sur Heron Island et Lady Musgrave Island, deux superbes îles coralliennes.

Pélicans qui barbotent tranquillement à 1770

Nous arrivons à Hervey Bay en fin d'après-midi, juste à temps pour assister au coucher de Soleil à l'extrémité d'une jetée de 700 mètres de long. Pas de protéines pour nous ce-soir car les poissons, eux, n'avaient pas l'air affamés. Encore une fois, nous nous débrouillons pour nous doucher, faire notre lessive, notre popote, recharger nos appareils photos, regarder la télé, et même jouer au babyfoot gratos avec le staff d'un backpacker. Demain, nous quittons le continent pour passer 3 jours sur Fraser Island.

14-07-2008

Permalink Pays: Australie

Sailing the Whitsundays Islands

Nous sommes une vingtaine à embarquer à bord de Siska, un monocoque de 25m construit en Western Australia et vainqueur d'un certain nombre de courses nautiques. Greg et moi avons porté notre choix sur ce bateau car nous ne voulions pas nous contenter d'une croisière passive. Que diable moussaillon, il est temps de mettre ses (maigres) muscles à profit! Et effectivement, on hisse, on mouline, on se penche sur le côté lorsque le bateau s'incline et prend de la vitesse. Et puis toujours, garder en tête que les cordes et engrenages aiment bien les ptits doigts et qu'au moindre virement de bord le bôme est un redoutable adversaire! Lorsque le vent se met vraiment à souffler, on ressent alors toute la puissance du bateau, tracté par son immense voile. J'adore ces sensations...on en oublierait presque ce temps pourrit.


Durant ces 2 jours nous naviguons au beau milieu de l'archipel des Whitsundays Islands, 74 îles subtropicales incluses au sein de la Great Barrier Reef mais qui ne sont toutefois pas des îles coralliennes. D'origine continentales, ce sont donc les sommets de montagnes immergées mais souvent bordées de récif de corail. Émergeant au milieu d'une eau turquoise, ces îles sont tapissées de rainforest et abritent criques et plages d'une blancheur immaculée. La Grande Barrière de corail, elle, se trouve plus au large, à environ 60 kilomètres du continent.

Quelques mots sur la Great Barrier Reef. Visible depuis l'espace, cette huitième merveille du monde est le plus grand récif corallien de la planète: il s'étire sur 2600 kilomètres de la Papouasie-Nouvelle Guinée au nord jusqu'au tropique du Capricorne au sud ( vers Rockhampton). Il est généralement admis que les milliards de polypes coralliens constituant le récif actuel ont commencé leur croissance il y a de ça 20 000 ans, le niveau de la mer était alors bien plus bas. Cependant, les premières fondations de la Great Barrier Reef seraient beaucoup plus anciennes: certains squelettes d'anciens polypes auraient été daté à plus de 600 000 ans! Aujourd'hui, la Grande Barrière est plus ou moins divisée en 3 secteurs: le nord, où la profondeur n'excède pas 35 mètres; le secteur central (au niveau des Whitsundays justement) d'une profondeur de 55 en moyenne; et enfin le sud, aux fonds atteignant jusqu'à 145 mètres.

Plus de 2900 récifs et 900 îles composent ce gigantesque système vivant qui abrite une impressionnante faune et flore aquatique: 1500 espèces de poissons (+ baleines, requins, dauphins...), 400 types de coraux, 4000 sortes de mollusques, 800 variétés d'échinodermes, 1500 types d'éponges, 200 espèces d'oiseaux,....et la liste est longue. En fait, ces véritables jardins coralliens abritent la plus grande bio-diversité de tous les écosystèmes de la planète, supérieure encore à celle des forêts équatoriales.

Un homme à la mer! Ah oui, mais c'est volontaire: le snorkelling, à Blue Pearl Bay notamment, est vraiment superbe. Au milieu de massifs de coraux vraiment magnifiques, j'ai pu caresser à plusieurs reprises un énorme poisson tropical très curieux et affectueux, le Giant Maori Wrasse. Je n'avais pas d'appareil photo sous-marin, mais cela ressemble à ça:

http://flickr.com/photos/sailfish1/2062126246/

Il était vraiment mignon avec ses grosses lèvres :o) Les poissons ici sont vraiment habitués aux touristes et ne sont donc pas du tout craintifs. C'est une sensation d'aquarium tropical géant, des milliers de poissons aux couleurs flashantes vous entourant avec curiosité. D'ailleurs je n'ai jamais vu autant de poissons d'un coup et certaines espèces nageaient en bancs très denses, véritables murs vivants. Lorsque le banc se déplaçait vers moi à contre-sens, les poiscailles ne prenaient même pas la peine de m'éviter; l'un d'entre-eux a finit par me percuter en pleine face, à croire qu'il était aveugle! Salaud va. Il y avait également d'énormes bénitiers géants et de superbes anémones. Bon par contre je n'ai pas vu l'ombre d'un requin (contrairement à la Ningaloo Reef sur la côte ouest où ils se trouvent en grand nombre).

Un point énervant, trèees énervant: les touristes qui détruisent les coraux avec leur palmes. Et certains gugus n'hésitent carrément pas à marcher dessus, on en a vu. Il faut savoir que le corail est ultra fragile et qu'il se développe assez lentement. "Certains scientifiques prédisent que si la situation se maintient [tourisme, réchauffement climatiques, pollution..], il pourrait ne plus rester qu'a peine 5% des récifs coralliens a l'horizon de 2050". Cela fait peur quand-même...

Hips, après une soirée bien arrosée (merci Ally pour nous avoir vomis dessus!), dodo dans nos couchettes qui en somme n'étaient pas si mal que ça. C'est vrai qu'on ne le dirait pas, mais dans la coque d'un bateau de 25 mètres il y a pas mal de place (couchettes, 2 salles de bain, cuisine, coin repas, etc...).

Le lendemain, nous passons la matinée à Whitehaven Beach, probablement la plus belle plage de l'archipel des Whitsundays. Un paysage de carte postale. Les 438 mètres du  Whitsunday Peak dominent l'île, autrefois occupée par les Ngaro, une tribu aborigène. Et c'est vrai que, même sous d'épais nuages et à marée haute, le paysage reste superbe.

 

Inespéré! Nous aurons droit à quelques minutes d'ensoleillement! On en a profité pour descendre sur la plage et nous baigner: eau transparente à souhait et sable blanc...

Retour sur le bateau, le vent est assez faible mais suffisant pour repartir vers Airlie Beach. Quelques tortues marines nous saluent de leurs nageoires, nous apercevons également quelques baleines. Et histoire de bien nous narguer, le Soleil refait sont apparition une fois que nous nous éloignons des îles... Bref, au final un petit break sur l'eau bien sympa: la bouffe était bonne, pas de mal de mer et un équipage assez cool. Mais je reviendrai pour le Soleil, promis!

De retour sur le continent, nous passons notre dernière soirée à Airlie Beach et dormons dans un backpacker, gratuitement. Drôle de soirée, on s'en souviendra...

 


12-07-2008

Permalink Pays: Australie

Chill out at Mission Beach

Mission Beach est une très jolie plage, idéale pour se détendre et faire la sieste à l'ombre des cocotiers. Mais attention aux chutes de noix de coco! Vu le nombre d'entre-elles étalées par terre, cela ne m'étonnerais qu'à moitié si on me disait que certains auraient tenté d'en ouvrir une avec leur crane. Héhéhé, peuvent toujours essayer... une noix de coco tombant de plus de 10 mètres de haut sur sa tête, on doit la sentir passer!

Mission beach in the morning

Cette plage tire son nom d'une mission aborigène fondée ici en 1914, mais balayée par un cyclone 4 ans plus tard. Quelques habitations sont éparpillées le long de ses 14 kilomètres de sable doré, c'est assez relax je dois avouer. Au large se dressent les reliefs de Dunk Island, une grosse île granitique à l'abondante faune.

Après avoir tiré Greg hors de son hamac, nous allons nous balader dans la forêt, c'est notre dernière chance d'apercevoir un casoar. Bad luck...on reviendra. Par endroits, les arbres sont verts des pieds à la tête: leurs troncs et branches sont dissimulés sous une parure de lianes et plantes grimpantes. Mais cette cathédrale végétale est souvent menacée par les cyclones tropicaux qui détruisent la canopée. Ce fut par exemple le cas en Mars 2006, lorsque le cyclone Larry s'est abattu sur la côte. Cela provoque souvent d'importantes modifications dans l'écosystème de la rainforest car justement, la majorité des insectes, oiseaux et compagnie élisent domicile sur la canopée.

 

Fern

Nous reprenons la route et traçons vers le Sud. Ingham, Townsville, Bowen et sa mangue géante...les kilomètres s'enchaînent par centaines sur cette Bruce Highway (et les pleins d'essence aussi sniff), une route longue et monotone. Nous hésitons à nous rendre aux Wallaman Falls, les plus hautes chutes d'eau d'Australie (268m), mais par manque de temps nous roulons d'une traite jusqu'à Airlie Beach où notre bateau nous attends le lendemain.

Du moins c'est ce que nous croyions, mais nous sommes en fait arrivés un jour trop tôt! C'est vraiment trop bête, car nous avons dû faire l'impasse sur plusieurs jolis coins, Hinchinbrook Island notamment.

Airlie Beach est une petite station balnéaire qui a du charme: beaux point de vue sur la mer turquoise au-dessus de laquelle flottent les voiles de centaines de sailing boats. Enfin,quand il fait beau du moins :o( Au loin, les Whitsundays Islands se laissent dessiner derrière un épais rideau de pluie. Ah ben mon zami, nous ne sommes pas très gâtés avec le temps. Le gros inconvénient d'Airlie Beach, c'est qu'il n'y a pas grand-chose à faire, c'est une sorte de Cairns ultra-concentré. Le bled est hyper touristique car c'est une des portes d'entrée pour la Great Barrier Reef. Les touristes arrivent par bus entiers, se trempent les pieds vite fait dans le lagon artificiel puis partent en croisière au milieu des Withsundays Islands pour plusieurs jours. Retour au port, on fait la fête, niveau bars et discothèques il n'y a que l'embarras du choix, puis zouh...destination suivante. Ah, on est bien loin du calme et isolement de la côte Ouest.... Allez, ne faites pas grise mine, cela vaut quand-même le coup d'y aller!

 

Airlie Beach Harbour

Le lendemain nous passons la journée un peu au nord, à Dingo Beach, pour échapper à la fine pluie qui arrose Airlie. Et puis c'est également l'occasion de tester notre "brand new" matériel de pêche: on finira avec 2 poissons chacun dans nos assiettes, pas si mal hein!.... Euh? Quelle taille....ben euh...un bon mètre. Bon d'accord, hum hum, un peu plus petits... On ne sait pas vraiment quelles sortes de poissons c'étaient, donc dans le doute on les a avalé. Il parait que quand on a faim, il faut manger. Et quand on ne peut pas, il faut se forcer!

 

10-07-2008

Permalink Pays: Australie

Atherton Tablelands

Ne vous y trompez pas, l'Australie est bien un continent aride et désertique dans sa plus grande partie. Certains endroits cependant coïncident mal avec cette image véhiculée d'un pays poussiéreux et brûlé par le Soleil. La région des Tablelands en est bien l'un d'entre eux: cascades et anciens lacs volcaniques s'égrènent au milieu des collines verdoyantes et des massifs de rainforest.


Cette région s'étend dans l'arrière pays de Cairns, est majoritairement constitué de hauts plateaux. Les précipitations fréquentes rendent les vaches laitières et autres kangourous arboricoles heureux. Comment? Des kangourous arboricoles? Oui, c'est vrai que l'on a souvent en tête ces images de marsupiaux bondissant sur les terres rougies de l'Outback Australien, mais il existe également une espèce vivant dans les arbres, les Lumholtz'sTree Kangaroos. Espèce menacée, on ne trouve ces petits marsupiaux que dans les rainforest humides du North Queensland. Au-dessus des routes qui traversent les forêts, des sortes de passerelles en cordes ont été installées pour permettre aux kangourous de traverser. C'est marrant, on s'attendrait quand-même plus à voir un singe se balancer au-dessus de sa voiture plutôt qu'un kangourou... Malheureusement nous n'en verrons pas, pas plus que de Casoars ou même d'ornithorynques, endémiques à la côte Est Australienne.

Dans la matinée, petite ballade du coté du Hypipamee National Park qui comporte un cratère volcanique de plus de 80 mètres de haut. Apparemment le lac qui le remplit est très profond, car ce cratère est un conduit reliant plusieurs cheminées volcaniques. Une série de petite cascades, les Dinner Falls, dégringolent à proximité.

Un peu plus au Sud, la route fait tout un circuit reliant plusieurs chutes d'eau, notamment: Millaa Millaa Falls, Zillies Falls, Ellinjaa Falls et Mungalli Falls, les premières étant les plus jolies.

 

Millaa Millaa Falls

Prairies verdoyantes, champs de thé, de canne à sucre ou bien plantation de bananiers rythment les kilomètres qui suivent le long de la Palmerston Highway. Nous arrivons un peu plus tard devant le Paronella Park où un espagnol y avait érigé dans les années 1930 une grosse bâtisse, style château espagnol, alimenté en électricité par son propre (mini)barrage hydro-électrique. Dans les années qui suivirent, la propriété fut lourdement endommagée par des inondations, cyclones et incendies. Et le gars est mort d'un cancer. Ben, c'est pas d'bol tout ça! Enfin bref, un couple d'Aussies a racheté cet ensemble immobilier et a ouvert le parc au public, ce qui permet notamment de financer la restauration du château. D'ailleurs, l'endroit a servi plusieurs fois au tournage de films et téléfilms, le propriétaire en était bien fier. Mais Greg et moi n'avons pas fait la visite car à $20 l'entrée, cela aurait bien fait mal au porte-feuille. Un peu exagéré je trouve...

On trouve de nombreux stands de fruits tropicaux le long des routes, en trust-service si j'ose dire. Personne ne va vérifier si vous avez payez car les gens vous font confiance.C'est un peu comme autrefois lorsque les gens déposaient l'argent au pas de leur porte pour recevoir leur bouteille de lait...Je trouve ça génial, mais je n'imagine pas ce concept (re)apparaître en France!


Nous arrivons à Mission Beach au coucher du Soleil et Greg se prend tout de suite d'affection pour un grand palmier, ou plutôt ses noix de coco. Ahhh, les Canadiens et les noix de cocos.... Mais il a largement sous-estimé la taille de l'arbre et on a frôlé la catastrophe. Bon, la prochaine fois on louera un singe hein!

 

La soirée se finit en feu de camp sur la plage en compagnie d'autres backpackers bien cools. On apprendra comment enrouler de la pâte à pain fait "maison" autour d'un stick et la faire cuire au-dessus des braises....à point! Un régal :o)

09-07-2008

Permalink Pays: Australie

Cape Tribulation

Une alternance de champs de canne à sucre et plantations de bananiers composent majoritairement le paysage, avec le Thornton Peak (1375m) coiffé d'une zolie perruque nuageuse se dressant au loin. Nous ne tardons pas à arriver à l'embarcadère d'un petit bac tracté par des câbles et qui permet de traverser la Daintree River. Ses eaux turbides, bien aimées des crocodiles marins, serpentent au milieu de la rainforest avant de se jeter dans l'océan au niveau de Trinity Bay. D'ailleurs, on aperçoit assez bien son embouchure depuis le point de vue de Walu Wugirriga, où les fougères géantes rivalisent en taille.

 

Ici pas besoin d'avoir un 4x4 car la route est goudronnée, ce qui n'est pas étonnant car c'est un coin vraiment très touristique; par contre pour pouvoir continuer plus au nord vers Cooktown, les 4 roues motrices deviennent obligatoires (franchissement de rivières et piste non goudronnée, la Bloomfield Track). On s'arrête quelques instants à Thorton Beach pour se prélasser un peu sous les nuages, un peu d'ironie ne fait pas de mal. C'est vrai que pour le moment le temps n'est pas idéal, mais bon, on ne va pas trop se plaindre non plus car la pluie nous a épargné jusqu'ici.

Gare aux casoars (cassowary)!

 

Ces oiseaux uniques que l'on ne trouvent qu'en Papouasie-Nouvelle Guinée et dans ce petit coin tropical d'Australie (Southern Cassowary ici) sont les volatiles les plus agressifs de la planète. Si ils se sentent menacés, il n'hésiteront pas à vous courir après et à vous donner des coups de pattes, armées d'énormes griffes (12cm) très acérées.

"During World War II, American and Australian troops stationed in New Guinea were warned to steer clear of the birds. They are capable of inflicting fatal injuries to an adult human".

Donc un risque bien réel de se faire éventrer, charmant. J'avais rencontré une australienne à Cairns qui m'avait conseillé de protéger mon ventre avec mon sac à dos en cas d'attaque. Et puis à moins de courir plus vite que 50km/h et de nager aussi bien que Michael Phelps, pas facile de leur échapper. Ils courent vite, nagent bien et sautent haut...de bon ptits athlètes! Enfin bon, de toute façon nous n'avons pas eu la chance d'en apercevoir...

En fait, les casoars ressemblent un peu à des autruches et peuvent atteindre 2m de haut. Ils ont une sorte d'excroissance osseuse poussant tel un casque au-dessus de leur tête bleue, et des caroncules rouges qui pendent à leur cou.

 (http://www.daintreebirdwatching.com.au/packages.html)

 Ces oiseaux jouent un rôle clé dans l'écosystème des forets tropicales, car "c'est le seul animal capable de disséminer les graines de plus de 70 espèces d'arbres dont les fruits sont trop gros pour être digérés et passés par les autres animaux de la foret" (sous forme d'excréments).

 Pourtant, ils sont aujourd'hui en voie de disparition car pas mal d'entre-eux ont été renversés sur les routes depuis que le tourisme s'est développé, et leur habitat fut considérablement réduit au cours des dernières décennies (déforestation). De plus, les petits sont souvent la proie des cochons sauvages (feral pigs) qui pullulent dans le North Qld.

Nous apercevons notre premier "salty" un peu plus loin, un bon gros crocodile marin assez difficile à voir car il se déplaçait vraiment furtivement sans le moindre remous à la surface de l'eau, et puis il était malheureusement assez loin....

Cape Tribulation nous voila! Partie intégrante du Wet Tropics World Heritage, c'est l'un des rares endroits au monde où la rainforest rejoint l'océan à la rencontre des récifs de corail. Pour la partie un peu historique, ce cap fut nommé par l'explorateur anglais James Cook en juin 1770, après que l'Endeavour se soit échoué sur un récif corallien. L'équipage passa 7 semaines à terre pour réparer le navire. En souvenir de cette mésaventure, l'endroit pris donc le nom de Cape Tribulation (=mésaventure, malheur): "Cape Tribulation, because here began all our troubles"...


La plage est vraiment superbe, sauvage, bordée de cette dense forêt humide. Nous nous baladons un peu dans la forêt le lendemain matin (Dubuji Boardwalk), où poussent entre-autres ces magnifiques palmiers, les fan palms:

 

Ses feuilles ont une texture très, euh....plastique, c'est marrant. 

Des ptits yeux jaunes, une grande queue, des grandes dents....les marmottes infestent la Daintree River. Ah non pardon, les crocodiles (ah ben voui, une marmotte ça n'a pas d'écailles j'suis bête). Petite croisière d'une heure pour apercevoir une poignée de crocodiles pas si gros que ça, nous étions un peu déçu car nous avons manqué les 5m du gros male dominant. En fait, il y a moins de crocs dans les rivières du Queensland que dans celles du Northern Territory près de Darwin (la Yellow River par exemple), car ici ces bestioles ont des territoires plus grands et sont moins sociables. Mais ils n'en restent tout de fois pas moins intelligents: le gars nous a expliqué par exemple qu'il a vu un gros crocodile réussir à faire tomber un arbre qui poussait au-bord de l'eau, les flying fox (chauve-souris) qui y avaient trouvé refuge terminant dans son estomac.

 

Nous avons donc aperçu quatre ou cinq de ces carnassiers se dorant la pilule sur les berges boueuses, au milieu de la mangrove. Bon il n'y a pas que des crocodiles ici: oiseaux en tout genre, serpents (pythons notamment), et des superbes papillons tropicaux (un peu dur à photographier!).

Nous repartons vers le sud et arrivons dans la région des Atherton Tablelands en fin de journée (Sud-Ouest de Cairns, à l'intérieur des terres). Petite curiosité: le Curtain Fig Tree, un arbre gigantesque aux immenses racines aériennes.

 

Vraiment impressionnant.... Nous passerons la nuit près du lac Tindroo.


08-07-2008

Permalink Pays: Australie

Mossman Gorge

Il s'appelle Teuse et aurait très bien pu servir pour l'armée de terre, avec son beau camouflage extérieur/intérieur en feuilles de cannabis! C'est notre nouvelle acquisition, un zoli gros van, un "wicked van", avec beaucoup d'espace à l'intérieur pour quand on a des invités! La majorité des vans de location en Australie appartiennent à cette compagnie (Wicked Campers). Certains sont superbes, d'autres sont peints avec un peu plus de mauvais goût, et toujours une inscription différente à l'arrière.

Nous avons droit à :

oui oui, on essayera...

Nous le récupérons à Cairns mercredi 23, impatients de commencer notre court road trip....un de plus! Donc comme je vous le disais dans le message précédant nous partons à deux Greg et moi, car il s'est avéré assez difficile de trouver d'autres personnes pour nous accompagner. Cela aurait été une bonne chose pour réduire un peu les frais, car louer un véhicule en Australie est assez cher. Nous payons en gros $30/personne/jour assurance incluse, sachant qu'à cela se rajoute le prix de l'essence qui est grimpé en flèche depuis l'année dernière.

Nous sommes assez chanceux car le van est vraiment spacieux: beaucoup de place pour ranger les affaires, une "cuisine avec évier" à l'arrière, un bon gros lit pouvant accueillir: 1 américain ou 2 australiens ou 4 français ou 10 chinois (désolé pour cet humour douteux). Une fois les 4 matelas entassés, on peut même installer une table à l'intérieur...c'est le luxe je vous dis, il ne manque que la salle de bain lol...En tout cas cela change de mes nombreuses semaines de backpacking passées sous une tente :o) 

 

Ce mercredi le temps est plu(tôt) vieux, nous nous arrêtons à Palm Cove pour casser la croûte, une jolie plage au nord de Cairns. L'été, des filets anti-méduses sont déployés, mais il ne faut pas s'y tromper, le risque de se faire piquer par les marine stingers existe aussi en hiver (de Mai à Novembre donc). D'ailleurs sur toutes les plages (fréquentées) du Nord du Queensland, des bouteilles de vinaigre sont mises à disposition gratuitement, mais gare aux petits malins qui s'en serviraient pour assaisonner leur salade! Bon, et puis le vinaigre ça ne résout pas le problème des crocodiles....(on m'aurait mentit?)

Port Douglas, plus au Nord, est une petite station balnéaire bien agréable nichée au milieu d'une abondante végétation tropicale. C'est un coin vraiment très agréable, avec un joli petit port, mais dommage qu'une fine pluie s'y soit invitée. Nous ne nous y attardons donc pas trop longtemps et reprenons la route pour rejoindre en fin de journée Mossman Gorge, située dans le fameux Daintree National Park.Ce parc national est l'un des plus anciens sanctuaire naturels de la planète, et compte pas moins de 900 000 hectares inscrits par l'UNESCO au Patrimoine de l'humanité. La végétation est dense, rendue exubérante par la constante humidité y régnant. En effet, les reliefs sont relativement élevés et en captant l'humidité océanique ils assurent de fréquentes précipitations. La rainforest ne s'appelle pas rainforest pour rien...


De l'eau cristalline jaillit au milieu de gros morceaux de granite érodés, et sa couleur verte émeraude invite vraiment à piquer une tête. Mais calice de tabernacle c'est ben froid! Et puis le Soleil est déjà couché... Première nuit dans notre palace roulant, bien confortable ma fois!

Réveillés par les kookaburras le lendemain, nous retournons dans la gorge et y passons la matinée. L'eau est fraîche mais c'est tellement joli que nous ne pouvons pas y résister. Et puis ça nous lavera tiens...décrassage en règle!

 

La végétation a envahie ces collines depuis des millions d'années, certains arbres ont des racines immenses, véritables pipelines au milieu de ce monde végétal. Cela me donne vraiment envie de voir a quoi ressemblerait une jungle équatoriale. Les immenses Fig Trees sont parés de grosses lianes, très similaires d'ailleurs à ceux du Lamington NP au Sud de Brisbane, mais cela reste plus luxuriant, plus vert, plus varié.

Porte d'entrée pour les gorges, Mossman est un petit village qui s'est principalement établit autour de la culture de la canne à sucre. Les cheminées de sa raffinerie sont toujours fumantes, mais je pense que la culture de fruits tropicaux aura raison des champs de cannes dans les années a venir. Nous reprenons la route pour rejoindre Cape Tribulation...

06-07-2008

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Lazy days in Cairns

Ça y est, je viens enfin de me décider où passer les 3 semaines de vacances qu'il me reste: j'ai jetté mon dévolu sur le North Queensland, avec dans l'espoir de retrouver un peu de chaleur. Le 2 juillet, départ pour Cairns: je boucle mon sac vite fait bien fait avec le minimum d'affaires, car c'est quand-même plus pratique de voyager léger, et puis zouh direction l'aéroport de Brisbane. Malheureusement, la malchance a elle aussi décidé de partir à Cairns ce jour là: les 10 minutes de retard du train ont raison de mon billet d'avion: a plus parti envolé. Je me retrouve bêtement devant le guichet d'enregistrement de JetStar, fermé. Seule solution: repayer $70 pour pouvoir embarquer sur le prochain vol, à 9h du soir. Arhhghh, 7 heures à tuer sans le moindre livre ou Ipod que j'ai évidemment oublie chez moi. Et puis c'est vraiment énervant car la nuit tombe assez tôt ici, donc je ne profiterai absolument pas du paysage. Enfin bref, je fais la connaissance d'un allemand très sympa et on attend patiemment notre vol devant le troisième et dernier match du State of Origin, un tournoi de rugby immanquable pour les Australiens qui oppose l'équipe du Queensland à celle du New South Wales. Score final: 16 à 10 pour le Queensland. Good on ya guys ;o)

2h30 plus tard, notre Airbus atterrit à Cairns et je m'empresse de rejoindre mon backpacker. Au passage, Jet Star est une des compagnies australiennes les moins chères (avec Virgin Blue), mais la moindre boisson ou nourriture est payante. Enfin bon, pour des petits trajets ce n'est pas trop grave. Donc première nuit à Cairns, où je partage mon dortoir (j'ai pas dit mon lit!) avec 5 filles....ah, mais je ne suis pas si malheureux que ça, hein!

 

Cairns, waterfront

Cairns, 120 000 habitants, est la troisième plus grande ville du Queensland après Brisbane et Townsville. Les pieds dans l'océan Pacifique, la ville est entourée de petites montagnes tapissées de forêts humides tropicales. Se baigner à Cairns? Oui, mais dans le lagon artificiel uniquement, car de vilaines bebettes avec des glosses dents pourraient faire de vous leurs amuse-gueules. Le nord du Queensland (et de l'Australie plus généralement) est en effet infesté de gros crocodiles marins aussi heureux dans l'eau douce que dans l'eau salée, certains n'hésitent d'ailleurs pas à parcourir plusieurs milliers de kilomètres! Autre danger ici, les méduses mortelles (box jellyfish et irukandji) qui pullulent surtout entre Novembre et Mai (Wet Season). Mais entre nous, je pense que si les gens ne se baignent pas sur la plage de Cairns, c'est à cause de la vase. Une grande étendue vaseuse où pousse la mangrove s'étend devant le front de mer, pas très appétissant tout ça. Du coup, soit les gens s'entassent autour du lagon artificiel, soit ils rejoignent les "vraies" plages situées à une trentaine de kilomètres au nord.

 

Cairns' lagoon at dusk

Cairns a très nettement développé son économie sur le tourisme de masse, des milliers de visiteurs affluant chaque année pour aller plonger sur la Grande Barrière de Corail. Mais à part se prélasser au Soleil la journée et faire la fête le soir, il n'y a pas énormément de choses à faire en ville. Je passe ma première journée à flâner sur l'Esplanade qui longe le front de mer, puis rando de quelques heures sur les sentiers du Mt Whitfield Conservation Park, en pleine forêt humide. La végétation empêche d'avoir des points de vue bien dégagés sur la ville, mais la ballade est tout de même sympa. Par contre, j'aurais peut-être du porter de vraies chaussures à la place de mes tongues, réflexion que je me suis faites lorsque j'ai à moitié marché sur la queue d'un serpent. Et comme vous pouvez vous en doutez, le serpent qui était rattaché a cette queue n'a pas vraiment apprécié...mais plus de peur que de mal.

Les jardins botaniques valent également le détour et au milieu de cette luxuriance tropicale se laissent découvrir de magnifiques fleurs aux couleurs détonantes ou assez uniques, telle la Jade Vine, originaire des Philippines:

 

La marina de Cairns, elle, accueille de gros et luxueux yachts, pas cher mon zami! On entendrait presque le cliquetis des bijoux en diamant contre les coupes de champagnes!

Que dire du temps? Le nord du Queensland est l'endroit idéal pour échapper à l'hiver Australien: il fait assez chaud et le taux d'humidité reste assez bas (mais c'est une autre histoire pendant la Wet Season = saison humide). Les Flying Fox, ces énormes chauve-souris très bruyantes, ont l'air de bien s'y plaire, et lorsque le Soleil se couche des milliers d'entre-elles prennent leur envol: c'est vraiment joli.


Tique? Courbatures? Je ne sais pas vraiment pourquoi j'ai eu si mal aux pieds/chevilles les jours suivants mais cela m'a littéralement cloué à Cairns. Donc mes 5 premiers jours ici on été assez peu productifs, mais j'ai rencontré pas mal de gens bien cools, et puis chose que je n'avais pas trop l'habitude de faire lorsque je voyage, pas mal de sorties nocturnes :o) héhéhé...

What's next? Greg est un Canadien bien sympa du même âge que moi (37 ans donc) rencontré hier à Cairns. Nous avons décidé de louer un van pour parcourir rapidement la cote Est, nous devons le rendre dans 2 semaines à Brisbane car mes cours reprennent (snif). Deux semaines c'est assez rapide, donc on ne verra pas tout c'est sûr....mais on en verra quand-même! Sur la map ci-dessous, notre itinéraire pour les jours à venir:

 

Nous avons également réservé un package comprenant 2 jours sur un voilier dans les Withsundays Islands (départ depuis Airlie Beach), ainsi que 3 jours sur Fraser Island.

L'aventure commence...demain!


 

Florent Vétillart

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