Fox Glacier et Mister Penguin

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26/01/2007 - Pays : Nouvelle Zélande - Imprimer ce message

Impossible de manquer les photos du lac Matheson sur les étalages de cartes postales. C'est probablement le lac le plus photographié de NZ, le calme de ses eaux reflétant parfaitement la chaine alpine qui s'étend devant lui, et notemment les 2 plus hauts sommets de NZ: le mont Cook (Aoraki) et le mont Tasman. Levés de bonne heure, nous faisons le tour du lac armés de nos appareils photos, histoire d'immortaliser le lieu. C'est superbe mais le plafond nuageux est assez bas donc on ne voit pas trop les montagnes. Les quelques rides striant la surface du lac proviennent en fait des canards. Ah les salauds, ils vont gacher nos photos!

A 10 heure et de bonne humeur (toujours) nous rejoignons notre guide et le groupe "d'alpinistes chevronnés", pour l'ascension du Fox Glacier. Pour ceux que cela interesse, je peux vous expliquer rapidement what is a glacier :-) A cet endroit se rencontrent les plaques pacifiques et australiennes, et les gigantesques forces mises en jeu lors de cette collision entrainent la formation des Southern Alps de Nouvelle-Zélande (10mm/an). Le relief ainsi crée stoppe les nuages, les obligeant à relarguer d'énormes quantités d'eau (pluie ou neige en fonction de l'altitude). A la fin de l'hiver, une partie de l'épaisse couche de neige accumulée en haut de la montagne va fondre durant l'été, la neige restante va quant à elle subir différents processus de recristallisation (=firnification) et sa densité va augmenter. Elle devient donc plus compacte et l'année suivante, sous le poids de nouvelles chutes de neige, elle va se compresser encore davantage, etc... L'air est chassé à la surface, la neige initiale s'est transformée en glace (couleur bleue).

L'avancée du glacier (dépendant donc de la quantité initiale des précipitations) s'explique par le fait qu'une mince péllicule d'eau recouvrant les rochers sous la glace sert un peu de tapis roulant (cf toboggan aquatique). D'autre part, plus l'épaisseur de la couche de glace sera grande, plus elle sera plastique: sa vitesse de progression va augmenter. La particularité du Fox Glacier (et du Franz Joseph) est que la vitesse d'avancée de la glace est très grande, 2,5 metres par jour. Soit 10 fois plus en moyenne que les autres glaciers dans le monde, et surtout, la transformation de la neige en glace ne prend que 5 ans, contre 10 à 50 ans  pour les autres glaciers! Du coup, le bas du glacier ne se trouve qu'à seulement 240m d'altitude, donc au même niveau que la Rainforest. Aux mêmes latitudes, seuls 3 glaciers dans le monde ont cette particularité: Le Fox, le Franz Joseph et un autre glacier Argentine.

Même si depuis 1980 le glacier réavance, il a perdu énormement de son importance depuis les années 1800. Le réchauffement climatique encore une fois n'y est pas étranger... Bon, retournons à nos moutons. Nous partons donc avec un groupe d'une dizaine de personnes, accompagnés d'un guide qui doit avoir notre age. Ballade tout d'abord dans l'ancien lit du glacier, au milieu des moraines (rochers transportés par la coulée de glace), puis sur les flancs du glacier, dans la rainforest. Et enfin, armés de crampons, nous grimpons sur la glace. Une rivière souterraine drainant les eaux de fonte jaillit avec un très fort débit par une cavité au bas du glacier. Impossible cependant de s'en approcher car des blocs de glace menacent à tout moment de se détacher. Et les grondements que l'on entend de temps en temps sont là pour nous rappeler le danger.

4 heures plus tard retour au village et c'est repartit. Nous continuons donc notre route vers le sud de l'ile. Petit arrêt au lac Paringa, dont les eaux poissoneuses (truites) font le bonheur des pêcheurs, puis à Knights Point, un paysage carte-postale splendide. Du haut de la falaise, vue imprenable sur la mer de Tasmanie léchant de ses gros rouleaux des plages de sable doré, parsemées de gros rochers photogéniques. La végétation luxuriante de la rainforest qui recouvre les montagnes rend l'endroit assez sauvage. Et petite cerise sur le gateau, une grosse baleine (pléonasme) et plus précisement une Sperm Whale, nage pas trop loin du rivage. It's beautifull. Apparemment, ces eaux profondes balayées en surface par la houle de l'Antarctique seraient un très bon garde-manger. Allez, nous laissons la baleine se régaler et reprenons la route direction Haast, puis Jackson Bay, plus au sud encore.  Une piste empruntée en cours de route longe l'eau limpide de la Jackson River et aboutit quelques kilomètres plus loin à un incroyable panorama sur la Cascade River Valley. C'est un endroit splendide, isolé, et lorsque nous y arrivons toute la vallée brille comme un mirroir. Perdu entre des montagnes, ce lieu semble être oublié des hommes... ou tout au moins des touristes, et c'est tant mieux. Dommage, les photos ne rendent vraiment pas .

Plus tard, retour sur la fameuse Road 6. Avant d'arriver au petit village de pêcheur de Jackson Bay, nous apercevons un drôle de ptit bonhomme marchant sur le bas-côté. Vétu d'un smoking, il se dandine comme un pingouin. Ben tiens, c'est marrant ça, c'est un pingouin justement, un Fjordland Crested Penguin. Il est très mignon, mais semble être fatigué et blessé au niveau des pattes. On hésite à le prendre dans la voiture pour l'amener et le faire soigner au village. Finalement Romain part seul avec la voiture chercher une personne qui pourrait nous donner un coup de main. Quant a moi, je reste avec notre ami, marchant à ses côtés pour éviter qu'il ne se fasse renverser (même si je n'ai vu qu'une seule voiture depuis que nous sommes là!). Le soleil, pas inquiet du tout du sort du pingouin, va se coucher derrière la chaine alpine. Au moins, ça a le mérite d'être beau.

C'est à la fois rigolo de marcher à côte d'un pingouin presque main dans la patte, mais aussi triste de le voir trébucher sans arrêt, tête la première sur le goudron. Il finit d'ailleurs par se blesser à la tête. Et quelque chose de très énervant vient nous agacer: des nuées de petites mouches, les sandflies, qui piquent ou mordent, je ne sais pas trop, mais c'est une horreur. Romain finit par rentrer bredouille, nous décidons donc d'aider l'animal à regagner la plage. La nuit une fois tombée, on regagne enfin Haast pour y passer la nuit, fiers de notre "sauvetage" réussi. Espérons simplement que ses blessures ne s'infecteront pas. 

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Florent Vétillart

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