Florent VétillartDown Under !
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"Take nothing but pictures, leave nothing but footprints"...
Batjala K'Gari est longue, très longue même. Mieux connue sous le nom de Fraser Island, ses 120 kilomètres de long en font la plus grande île de sable au monde. Pourtant, la majorité de sa surface est recouverte de forêts humides, d'où émergent par endroit des dunes de sable (sandblows) qui se déplacent lentement au gré des vents. Plus de 200 lacs d'eau douce parsèment cette gigantesque langue de sable, un éventail de poches d'eau aux couleurs variées: turquoise, verte, orange, marron...
L'histoire contemporaine de Fraser remonte à 1836, quand le capitaine James Fraser échoua son navire, le Stirling Castle, au nord de l'île. L'équipage ne dû sont salut qu'à l'aide de la tribu Aborigène locale qui accueillit les rescapés jusqu'à la venue d'un autre bateau. Ces Aborigènes, les Butchulla, occupaient l'île depuis environ 5000 ans. Dans les années qui suivirent, les Australiens entreprirent le déboisement de pans entiers de la forêt pour exploiter un arbre exceptionnellement résistant à l'eau, le turpentine. Des carrières de sable virent également le jour, venant balafrer la surface de cette magnifique île sablonneuse. Les Aborigènes, eux, furent déportés dans des missions sur le continent. Heureusement, les mentalités évoluèrent et Fraser Island devint partie intégrante du Great Sandy National Park, puis fut classée au Patrimoine Mondial de l'Humanité en 1992.
Pour se déplacer sur l'île, le 4WD (= 4x4) est indispensable car il n'y a pas la moindre route. Plusieurs backpackers à Hervey Bay proposent justement des "self drive tours" de 3 jours, entendez par là qu'ils mettent à notre disposition des gros 4x4, à savoir des Toyota Landcruiser, chacun pouvant accueillir une dizaine de personnes. Libre ensuite à nous d'aller explorer l'île comme bon nous semble et de gérer notre temps. Enfin ce n'est pas tout à fait vrai car les plages étant les principales voies de circulation, il faut tenir compte des marées, véritables pièges à retardement. Nous partagerons la voiture avec 9 autres backpakers: un couple de finlandais, un couple d'anglais, une allemande, 3 méxicain(ne)s et une anglaise. Très sympa. Petit briefing dans la matinée concernant la conduite en 4x4 et les pièges à éviter, l'attitude à avoir sur l'île (ne pas nourrir les animaux, ne pas jeter ses poubelles, etc...), et également le comportement à adopter vis-à-vis des dingoes.

Contrairement à leurs cousins de l'Outback assez craintifs, l'agressivité croissante de ces chiens sauvages est le résultat de trop de laxisme envers les touristes qui les nourrissent et les harcèlent depuis des années. Donc le gouvernement du Queensland a décidé d'attaquer le problème à la racine: sensibiliser les gens mais également verbaliser tout personne surprise en train de nourrir un dingo. C'est une mesure assez radicale, surtout lorsque l'on voit que les amendes peuvent atteindre $3000, mais toutefois plus intelligente que celle adoptée dans le passé, lorsque plusieurs dizaines de dingoes furent abattus en réponse aux attaques.
Nous chargeons le matériel de camping, la nourriture et les sacs sur le toit, puis une demi-heure de traversée en ferry plus tard nous débarquons sur la cote Est de l'île, à Kingfisher Bay. Nous rejoignons les plages à l'ouest par une piste qui traverse la forêt (gare aux secousses!), le lac Wabby sera notre première étape. Les eaux vertes du lac sont bordées d'une forêt d'eucalyptus percée par une imposante dune de sable. L'eau, elle, n'est pas si chaude que ça c'est vrai, mais cela fait du bien de se rafraîchir en compagnie de gros-poissons chats. Les lacs d'eau douce sont d'ailleurs les seuls endroits où il est recommandé (autorisé?) de se baigner, car un grand nombre de requins tigres (Tiger Shark) infestent les eaux océaniques qui baignent les plages de Fraser Island. Nous avons un planning à tenir pour ne pas rester bloqués par la marée, donc nous reprenons la route, pardon...la plage, et allons faire trempette un peu plus au nord à Eli Creek. L'eau de cette source, d'une transparence incroyable, est probablement de très bonne qualité car le sable de l'île est un véritable filtre géant. Le grand jeu ici consiste à remonter le ruisseau en amont, puis à se laisser flotter et ramener vers la plage par son courant.
A quelques kilomètres de là, la sinistre épave rouillée du S.S Maheno observe les allées et venues des touristes depuis 1935.

Ce bateau de luxe construit en 1905 et qui servit par la suite d'hôpital flottant durant la première guerre mondiale fut pris dans un violent cyclone et s'échoua sur l'île. Il ne finit donc pas dans un chantier de démantèlement japonais comme ce qui avait été planifié. Au moins, il ne sera pas oublié ce bateau!
Nous arrivons à notre campement en fin de journée, à Dundubara. Le temps de monter les 3 tentes et de préparer le barbecue, il fait déjà nuit noire. Une pièce de $2 donne accès à environ 5min d'eau chaude dans les douches, cela fait plaisir aux filles. La soirée se terminera sur la plage, en compagnie de heu...sais plus je n'avais pas les idées très claires.
Le lendemain nous partons de bonne heure, encore une fois pour échapper à la marée haute, et roulons vers le nord jusqu'à Indian Head. La limitation de vitesse sur la plage est fixée à 80km/h ce qui me semble largement suffisant. A cette vitesse, le moindre petit coup de volant un peu trop sec et c'est les tonneaux assurés. En général, il vaut mieux rouler sur le sable humide qui est nettement plus stable, tout en faisant attention aux creux et embouchures de ruisseaux dissimulés. Petite frayeur lorsque l'allemande s'est mise à conduire, ... D'ailleurs elle a réussi à vraiment bien embourber le 4x4. Indian Head, c'est un promontoire rocheux (un peu curieux de trouver ça sur une île de sable) offrant un point de vu magnifique sur l'île et l'océan. Baleines, requins, dauphins, tortues, raies....tout est tellement plus facile à apercevoir du haut de ces falaises. Les baleines ont alors entamé un concours de saut en hauteur, mais elles étaient assez loin et je n'arrivais jamais à les prendre en photo au bon moment/endroit.
Champagne Pools se trouve non loin de là. But bloody hell, combien de "champagne pools" ont-ils donc en Australie?? Les Australiens manquent un peu d'imagination parfois... Enfin bref, c'est ici le seul endroit de l'île où il est possible de se baigner dans l'eau salée sans risque de croiser un requin.

Les vagues viennent se fracasser contre les rochers de cette piscine naturelle et l'écume y jaillit généreusement. C'est bien cool. Pour nous débarrasser du sel, nous décidons de retourner nous "rincer" dans l'eau limpide d'Eli Creek....avant d'aller faire les braves dans les vagues du Pacifique. Qu'est-ce qu'il ne faut pas faire pour paraître courageux aux yeux des filles! Comment ça stupide ? :o)
Si les plages servent de routes pour les voitures, elles tiennent également le rôle de pistes d'atterrissage pour les avions transportant les touristes fortunés. En gros, il faut toujours regarder dans son rétro si un avion ne s'apprête pas à vous atterrir dessus, et laisser la priorité aux coucous qui décollent. Original. Nous retournons au camp dans la soirée, un dingo affamé nous attends. Allez ouste, à la niche le chien!
Le lendemain, nous chargeons la voiture et quittons le campement. Petit arrêt aux Pinnacles, des falaises de sable coloré, puis nous poursuivons notre dernier jour de safari jusqu'aux lacs Boomanjin et Birrabeen, respectivement orange et turquoise. Le plus beau lac de l'île est probablement le lac McKensie: son eau turquoise et sable blanc est un vrai rêve de carte postale. Oui, mais justement pour nous cela ne sera pas aussi incroyable que les photos que l'on peut admirer sur les étalages de cartes postales: le ciel s'est soudainement couvert de gros nuages.

L'eau, qui ne parait plus si turquoise que cela, reste quand-même archi-super transparente et pure, on peut la boire. Curieusement, les gens (ou devrais-je dire la gente féminine!) utilisent souvent ce sable blanc, composé de silice pure, pour s'exfolier la peau et se brosser les dents!! Un vrai salon de beauté. Comme la plupart des lacs de Fraser Island, le lac McKensie est un lac dit "perché" car ses eaux se sont accumulées au fil des précipitations sur une couche de sable (et de matière organique) compacte et imperméable. Mais le vent qui sculpte les dunes de sable aura tôt fait de faire disparaître ces magnifiques poches d'eau. Les dunes avançant à une vitesse de 2 à 3 mètres par an, certains lacs disparaîtront bientôt, d'autres se formeront...
Il est temps de quitter l'île. Nous avons passé 3 jours extras, chanceux d'être tombés sur des gens très sympa. Le Soleil entame sa descente éblouissante, le ferry glisse sur les eaux calmes de la baie.... C'est mon dernier jour de vacances, vacances dont j'ai profité à 200%. Ce soir, dernière soirée dans un backpacker avec ceux qui nous ont accompagné pendant ces 3 jours.
de gauche à droite: Edgar, Abi, Katri, Greg, Christiane, Gaby, Alma, Catherine, Henri, Mark, moi
Greg et moi partons très tôt le lendemain car le van doit être rendu à Brisbane avant 11 heures. Une fois de plus, c'est plusieurs milliers de kilomètres qui viennent de s'ajouter au compteur de mes aventures australiennes. Je vous le disais, ce pays est vraiment vaste...
Thanks Greg for being both such a great travelmate and a good driver! I wish you all the best... Et bien-sûr, un énorme merci à tous ceux qui m'ont aidé à payer ces vacances, c'était un super cadeau d'anniversaire! Merci!!!
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