Florent VétillartDown Under !
|
Nous sommes une vingtaine à embarquer à bord de Siska, un monocoque de 25m construit en Western Australia et vainqueur d'un certain nombre de courses nautiques. Greg et moi avons porté notre choix sur ce bateau car nous ne voulions pas nous contenter d'une croisière passive. Que diable moussaillon, il est temps de mettre ses (maigres) muscles à profit! Et effectivement, on hisse, on mouline, on se penche sur le côté lorsque le bateau s'incline et prend de la vitesse. Et puis toujours, garder en tête que les cordes et engrenages aiment bien les ptits doigts et qu'au moindre virement de bord le bôme est un redoutable adversaire! Lorsque le vent se met vraiment à souffler, on ressent alors toute la puissance du bateau, tracté par son immense voile. J'adore ces sensations...on en oublierait presque ce temps pourrit.

Durant ces 2 jours nous naviguons au beau milieu de l'archipel des Whitsundays Islands, 74 îles subtropicales incluses au sein de la Great Barrier Reef mais qui ne sont toutefois pas des îles coralliennes. D'origine continentales, ce sont donc les sommets de montagnes immergées mais souvent bordées de récif de corail. Émergeant au milieu d'une eau turquoise, ces îles sont tapissées de rainforest et abritent criques et plages d'une blancheur immaculée. La Grande Barrière de corail, elle, se trouve plus au large, à environ 60 kilomètres du continent.
Quelques mots sur la Great Barrier Reef. Visible depuis l'espace, cette huitième merveille du monde est le plus grand récif corallien de la planète: il s'étire sur 2600 kilomètres de la Papouasie-Nouvelle Guinée au nord jusqu'au tropique du Capricorne au sud ( vers Rockhampton). Il est généralement admis que les milliards de polypes coralliens constituant le récif actuel ont commencé leur croissance il y a de ça 20 000 ans, le niveau de la mer était alors bien plus bas. Cependant, les premières fondations de la Great Barrier Reef seraient beaucoup plus anciennes: certains squelettes d'anciens polypes auraient été daté à plus de 600 000 ans! Aujourd'hui, la Grande Barrière est plus ou moins divisée en 3 secteurs: le nord, où la profondeur n'excède pas 35 mètres; le secteur central (au niveau des Whitsundays justement) d'une profondeur de 55 en moyenne; et enfin le sud, aux fonds atteignant jusqu'à 145 mètres.
Plus de 2900 récifs et 900 îles composent ce gigantesque système vivant qui abrite une impressionnante faune et flore aquatique: 1500 espèces de poissons (+ baleines, requins, dauphins...), 400 types de coraux, 4000 sortes de mollusques, 800 variétés d'échinodermes, 1500 types d'éponges, 200 espèces d'oiseaux,....et la liste est longue. En fait, ces véritables jardins coralliens abritent la plus grande bio-diversité de tous les écosystèmes de la planète, supérieure encore à celle des forêts équatoriales.
Un homme à la mer! Ah oui, mais c'est volontaire: le snorkelling, à Blue Pearl Bay notamment, est vraiment superbe. Au milieu de massifs de coraux vraiment magnifiques, j'ai pu caresser à plusieurs reprises un énorme poisson tropical très curieux et affectueux, le Giant Maori Wrasse. Je n'avais pas d'appareil photo sous-marin, mais cela ressemble à ça:

http://flickr.com/photos/sailfish1/2062126246/
Il était vraiment mignon avec ses grosses lèvres :o) Les poissons ici sont vraiment habitués aux touristes et ne sont donc pas du tout craintifs. C'est une sensation d'aquarium tropical géant, des milliers de poissons aux couleurs flashantes vous entourant avec curiosité. D'ailleurs je n'ai jamais vu autant de poissons d'un coup et certaines espèces nageaient en bancs très denses, véritables murs vivants. Lorsque le banc se déplaçait vers moi à contre-sens, les poiscailles ne prenaient même pas la peine de m'éviter; l'un d'entre-eux a finit par me percuter en pleine face, à croire qu'il était aveugle! Salaud va. Il y avait également d'énormes bénitiers géants et de superbes anémones. Bon par contre je n'ai pas vu l'ombre d'un requin (contrairement à la Ningaloo Reef sur la côte ouest où ils se trouvent en grand nombre).
Un point énervant, trèees énervant: les touristes qui détruisent les coraux avec leur palmes. Et certains gugus n'hésitent carrément pas à marcher dessus, on en a vu. Il faut savoir que le corail est ultra fragile et qu'il se développe assez lentement. "Certains scientifiques prédisent que si la situation se maintient [tourisme, réchauffement climatiques, pollution..], il pourrait ne plus rester qu'a peine 5% des récifs coralliens a l'horizon de 2050". Cela fait peur quand-même...
Hips, après une soirée bien arrosée (merci Ally pour nous avoir vomis dessus!), dodo dans nos couchettes qui en somme n'étaient pas si mal que ça. C'est vrai qu'on ne le dirait pas, mais dans la coque d'un bateau de 25 mètres il y a pas mal de place (couchettes, 2 salles de bain, cuisine, coin repas, etc...).
Le lendemain, nous passons la matinée à Whitehaven Beach, probablement la plus belle plage de l'archipel des Whitsundays. Un paysage de carte postale. Les 438 mètres du Whitsunday Peak dominent l'île, autrefois occupée par les Ngaro, une tribu aborigène. Et c'est vrai que, même sous d'épais nuages et à marée haute, le paysage reste superbe.
Inespéré! Nous aurons droit à quelques minutes d'ensoleillement! On en a profité pour descendre sur la plage et nous baigner: eau transparente à souhait et sable blanc...

Retour sur le bateau, le vent est assez faible mais suffisant pour repartir vers Airlie Beach. Quelques tortues marines nous saluent de leurs nageoires, nous apercevons également quelques baleines. Et histoire de bien nous narguer, le Soleil refait sont apparition une fois que nous nous éloignons des îles... Bref, au final un petit break sur l'eau bien sympa: la bouffe était bonne, pas de mal de mer et un équipage assez cool. Mais je reviendrai pour le Soleil, promis!
De retour sur le continent, nous passons notre dernière soirée à Airlie Beach et dormons dans un backpacker, gratuitement. Drôle de soirée, on s'en souviendra...
Note: 4,4/5 - 74 vote(s).
Powered by
Kikooboo.com
(Carnet de voyage / blog gratuit et Assistant de voyage)